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Québec sévira contre les écoles religieuses illégales

Après des années de tergiversations, Québec se donne les moyens de sévir contre les écoles religieuses illégales avec un projet de loi déposé vendredi.

«Jamais, dans le temps, nous n’avons eu des pouvoirs aussi importants», assure le ministre de l’Éducation.

Désormais, la RAMQ partagera avec le ministère de l’Éducation une liste des enfants de 6 à 16 ans qui possèdent une carte d’assurance-maladie. Québec pourra ainsi savoir quels enfants échappent au système scolaire.

Par la suite, la commission scolaire locale contactera leurs parents afin de s’assurer de les inscrire dans une école reconnue. En cas de refus, les amendes s’élèveront jusqu’à 10 000 $ pour un parent fautif et jusqu’à 30 000 $ pour une école clandestine.

 

Amendes

De plus, la Direction de la protection de la jeunesse devra désormais obligatoirement intervenir si les parents refusent d’obtempérer. «Ça ne veut pas dire à chaque fois partir avec les enfants dans une voiture, assure toutefois le ministre Proulx. Ça veut dire une démarche d'intervention avec les enfants.»

Les représentants du ministère auront aussi le pouvoir de «pénétrer» dans les établissements illégaux, alors qu’en ce moment ils doivent obtenir une permission.

Toutefois, le projet de loi ne donnera pas à Québec le pouvoir de fermer une école clandestine. Il mise plutôt sur l’accompagnement des enfants pour les intégrer au système scolaire.

72 façons de travailler

Outre le réseau public, les enfants qui fréquentent présentement une école illégale pourront soit se tourner vers une école religieuse qui possède un permis ou la scolarisation à la maison.

Le projet de loi 144 prévoit d’ailleurs un encadrement plus formel de l’école à la maison. «Il y a 72 commissions scolaires; il semble y avoir, je vais faire une image peut-être forte, mais 72 façons de travailler différemment avec les parents qui font l'école à la maison», a illustré le ministre vendredi.

La nouvelle législation a été accueillie positivement par la CAQ, qui a récemment proposé une législation similaire. «En reprenant notre suggestion de lier la DPJ et la loi sur l’instruction publique, je pense que le gouvernement va poser le bon geste», a affirmé son critique en matière d’éducation, Jean-François Roberge.

La communauté juive réagit

Le porte-parole de la communauté juive hassidique de Satmar s’est dit très satisfait de l’annonce du ministre Proulx.

 «Nous étions très satisfaits aujourd’hui d’entendre le ministre exprimer la bonne collaboration que nous avons eue avec les commissions scolaires et le ministre dans les deux ou trois dernières années», a déclaré Abraham Ekstein aux médias.

«Les écoles illégales, c'est du passé. La communauté a l'intention de se régulariser», a fait savoir la communauté juive hassidique de Satmar.

Selon la Commission scolaire English-Montreal, 705 enfants des communautés juives montréalaises sont inscrits au programme d'enseignement à domicile.

- avec la collaboration d'Yves Poirier

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