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Réouverture du bar où six Québécois avaient perdu la vie

Agence France-Presse

Le café-restaurant Cappuccino, principal site des attentats de Ouagadougou ayant fait 30 morts en janvier 2016, a rouvert samedi ses portes, 17 mois après l'attaque jihadiste, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le Cappuccino était le dernier des quatre établissements attaqués encore fermé depuis les attentats.

Le bar «Taxi-brousse», où les assaillants s'étaient retranchés avant d'être abattus, avait rouvert deux semaines après l'attaque, suivi six mois plus tard de l'hôtel Splendid, où le commando avait également fait plusieurs blessés.

«Cette réouverture symbolise la victoire de la vie sur la mort, la détermination de réussir dans un Burkina en paix, débarrassé de toutes les haines, de toutes les violences absurdes et inutiles», a déclaré le ministre burkinabè des infrastructures Éric Bougouma, après la coupure du ruban symbolique.

«Nous (...) montrons que nous faisons plus que résister au terrorisme<<, a-t-il ajouté, en compagnie de nombreux membres du gouvernement et de diplomates.

Le Cappuccino a été totalement refait et de nouveaux dispositifs sécuritaires installés, dont des vitres blindées et un muret anti-intrusion dressé autour de la terrasse.

«On aurait construit un restaurant à Paris ou à Milan, on serait dans la même norme», a indiqué le propriétaire du Cappuccino, Gaétan Santomenna.

De nombreux invités sont venus encourager le propriétaire du Cappuccino et célébrer une «nouvelle vie».

«J'ai une forte sensation en y mettant à nouveau les pieds, mais il fallait que je sois là pour l'ouverture, pour dire que rien ne peut me contraindre à changer mes habitudes», a déclaré Patrice Nabolé, qui était présent le jour de l'attaque.

Pour Dieudonné Tapsoba, membre de l'association des familles des victimes des attentats du Burkina, «le retour à la normale prendra du temps, mais nous comptons instaurer une habitude : se retrouver régulièrement au Cappuccino. «Cela permettra d'exorciser la douleur qui est toujours vive» plus d'un an après l'attaque.

Le 15 janvier 2016, un commando de trois assaillants avait attaqué avec des armes automatiques des bars et hôtels du centre-ville de la capitale burkinabè Ouagadougou, tuant 30 personnes, majoritairement des étrangers, et faisant 71 blessés.

L'attaque avait été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui l'avait attribuée au groupe Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar.

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