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Des sources refroidies, craint Patrick Lagacé

Hugo Duchaine | Agence QMI

Les policiers qui ont espionné des journalistes auront refroidi les sources actuelles et futures, craint le journaliste Patrick Lagacé, qui dénonce les moyens d’enquêtes criminelles utilisées pour les traquer.

«On m’a dit : les policiers ont gagné, ils ont eu ce qu’ils voulaient», a lancé le chroniqueur de «La Presse», jeudi, devant la commission Chamberland sur la protection des sources journalistiques.

Il s’étonne de voir que 24 mandats ont été rédigés uniquement pour le surveiller. «Un policier m’a dit ‘’moi je traque des bandits, des gens dangereux et violents, et j’ai de la misère à en avoir des mandats’’», a-t-il tenu à faire savoir aux commissaires.

«C’est effrayant, comme citoyen et pas comme journaliste [...] J’ai été renversé en lisant les affidavits qui me touchaient par la bande, par les demi-vérités qui étaient là», a-t-il continué.

Il croit qu’un policier qui fait une demande d’autorisation judiciaire ne devrait plus être seul avec un juge de paix magistrat, mais en présence d’un ami de la cour, par exemple, pour faire un contrepoids aux demandes formulées.

«Espionner des journalistes de «La Presse» pour des "scoops" qui sortent au «Journal de Montréal» [...] ça prend quelqu’un pour dire que ça n'a pas de bon sens», a-t-il dit.

M. Lagacé réclame aussi un mur entre la police et le politique. «Il n’est pas normal qu’un maire dise "mon chef de police"», a-t-il fait remarqué à propos du maire de Montréal Denis Coderre, qui a déjà appelé deux fois les chefs de police du Service de police de la Ville de Montréal, dont une fois «pour péter sa coche».

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