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La Constitution, le séparatisme et... l'acné!

TVA Nouvelles

Réunis pour l’annonce sur le projet de Réseau électrique métropolitain (REM), aujourd’hui à Montréal, Justin Trudeau et Philippe Couillard ont vite glissé vers un autre sujet lorsque les journalistes les ont questionnés sur l’initiative constitutionnelle dévoilée récemment par le premier ministre du Québec.

Alors que le premier ministre du Canada s’est montré «ouvert à en parler, mais jamais à le faire», souligne l’animateur de l’émission «La Joute», Paul Larocque, M. Couillard a de son côté préféré rester muet à ce sujet.

Ce n’était tout simplement pas la bonne tribune ni le bon moment pour le faire, convient le tandem de chroniqueurs politiques de «La Joute», à LCN.

N’empêche que le premier ministre Couillard a raison d’affirmer, estime Bernard Drainville, que si le Québec est pour rester dans le Canada, il importe de trouver une façon de négocier l’entrée du Québec dans la Constitution de 1982.

«Cela étant dit, je conçois très bien que pour la majorité des téléspectateurs, la Constitution, c’est pas mal le dernier de leur soucis. Par contre, Justin Trudeau pourrait dire qu’effectivement, il va bien falloir que le Québec soit signataire, mais pour le moment, ce n’est pas le temps. Je trouve ça dommage qu’il ne soit même pas prêt à aller là», déplore-t-il.

Signer à tout prix la Constitution pourrait cependant être interprété «comme une espèce de lubie», constate Luc Lavoie. «En 1982, le gouvernement à Québec en est un du Parti québécois et il n’aurait jamais signé la Constitution», précise-t-il, en insistant sur l’importance de remettre les choses dans leur contexte politico-historique.

Le principal changement apporté à la «loi suprême du Canada», c’est l’inclusion d’une Charte des droits et libertés, relate Luc Lavoie. Ce dernier souligne que la moitié du cabinet fédéral était québécois lors de l'adoption de la Loi constitutionnelle de 1982. «73 sur 75 députés ont voté en faveur. Va essayer de vendre ça au Canada anglais que le Québec n’est pas signataire», lance-t-il.

Même s’il reconnaît qu’elle n’est pas une priorité dans l’actuel programme politique, Bernard Drainville croit que la Constitution demeure un problème qu’il faudra bien régler un jour ou l’autre. «Elle traverse le temps, c’est un contrat fondamental prévoyant le partage des pouvoirs et une Charte des droits qui nous a été imposée de force sans que le Québec la signe.»

L’ancien député péquiste s’enflamme en rappelant qu’à l’époque, il n’était pas «séparatiste» quand il a appuyé l’Accord du lac Meech. «J’étais favorable à la réconciliation et aux cinq conditions minimales. Puis, je suis redevenu séparatiste quand j’ai vu que le reste du Canada a refusé les cinq conditions minimales.»

Luc Lavoie a sa théorie bien personnelle sur la question. «Le séparatisme, c’est comme l’acné, ça passe après un temps, toi Bernard, c’est revenu...»

Tout indique que ce n’est pas à «La Joute» que le dossier constitutionnel va se réglera «dans l’honneur et l’enthousiasme», conclut l’animateur de «La Joute».

Voyez un extrait de l'émissin «La Joute» dans la vidéo ci-dessus

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