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Les enquêteurs de la SQ ont «déshonoré» leur profession, dit Marie-Maude Denis

Hugo Duchaine | Agence QMI

 - Agence QMI

Les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont «déshonoré» leur profession en espionnant six journalistes et en utilisant des ragots mensongers pour obtenir des registres téléphoniques, a dénoncé catégoriquement la journaliste Marie-Maude Denis, jeudi matin.

«Le message est très clair, en particulier aux policiers : ne parlez jamais à un journaliste, parce que ça peut juste vous mettre dans le trouble [...] et encore moins à une journaliste femme, car vous devrez nier avoir eu une relation», a tonné la journaliste d’enquête de Radio-Canada, devant la commission Chamberland sur la protection des sources journalistiques.

Plus tôt cette semaine, l’inspecteur Denis Morin avait dû nier avoir eu une «relation intime» avec la journaliste, comme des confrères l’avaient indiqué dans un affidavit remis sous serment à une juge de paix pour obtenir une autorisation judiciaire. La SQ le soupçonnait d’être une source confidentielle de Marie-Maude Denis.

La SQ avait obtenu en 2013 les registres de six journalistes lors d’une enquête sur les fuites dans les médias au sujet de l’écoute électronique de l’ex-président de la FTQ, Michel Arsenault.

Devant la commission, les enquêteurs ont avancé que les reportages publiés par les médias nuisaient à leurs enquêtes dans le projet Diligence.

«C’est commode de nous blâmer pour une enquête qui a possiblement déraillé pour d’autres raisons», a dit Mme Denis, ajoutant que les journalistes ne peuvent pas tenir compte de l’agenda de la police.

«[Les enquêtes] ça prend des années et des années [...] On ne peut pas attendre que tout le monde ait été honoré par la Chambre de commerce et vit sa retraite de façon honorable», a-t-elle déploré.

Le journalisme d’enquête est «fondamental» dans une démocratie en santé, selon elle, et doit être présent pour «contrecarrer les tentatives d’embellir la vérité».

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