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Une mise à niveau proposée pour les conducteurs âgés

Agence QMI

L’Association québécoise des retraités(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) offre une formation et une mise à niveau des connaissances des aînés qui souhaitent demeurer au volant. À ce jour, près d'une centaine de personnes ont suivi cette formation à Rimouski.

Conduire et vieillir demande parfois de l'adaptation. L'accident mortel survenu il y a quelques semaines à Trinité-des-Monts, où une dame de 70 ans se serait endormie au volant, en est un triste exemple.

Étant donné que la population est vieillissante au Bas-Saint-Laurent, l'AQRP a décidé de prendre le taureau par les cornes en offrant des cours adaptés. Rimouski est l'une des villes choisies par l'AQRP pour offrir sa formation et sa mise à niveau.

«C’est surtout axé sur le vieillissement du conducteur. Donc, comment composer avec la diminution des réflexes, comment prévoir les situations qui peuvent être à risque pour une personne qui a une vision moins forte ou qui a l’ouïe moins développée», a souligné le représentant régional de l’AQRP, Marcel Michaud.

«Quand j’étais au travail, on avait des formations pour actualiser les données. On est sur la route tous les jours ou presque. Je pense que ça vaut la peine de se remettre à la peine, au moins au 10 ans», a dit avec un sourire Émilien Roy, l’un des participants au cours, lui-même conducteur depuis 56 ans.

En 2010, les personnes de 65 ans et plus représentaient 15 % de la population québécoise, et 13 % des accidents routiers: un rapport somme toute proportionnel. Mais peut-on s'attendre encore à de telles statistiques avec le vieillissement de la population ?

Dès 2031, un Canadien sur quatre sera âgé de 65 ans ou plus, selon le dernier recensement de Statistique Canada. En 2040, au Québec, 1,5 million de Québécois partageront cette tranche d'âge.

«Où la statistique est un peu plus alarmiste, c’est au niveau des décès dans les accidents par 1000 habitants en 2015, par rapport aux années 2010 à 2014, a indiqué Marco Harrison, directeur de la Fondation CAA-Québec. Au niveau des accidents des conducteurs de 75 ans et plus, y’a une augmentation de plus de 17% des décès. Cette statistique est vraiment inquiétante.»

À la Fondation du CAA-Québec, on commence à intervenir dès 50 ans. «Les gens qui sont âgés vont, normalement, prendre une décision plus lentement. Mais au niveau des conducteurs, c’est souvent compensé par leur expérience de conduite, par leur bon jugement, et par leurs habitudes de conduite qui sont devenues très sécuritaires», a ajouté M. Harrison.

À moins d'une accusation criminelle, seule la SAAQ peut empêcher une personne de conduire. «On peut procéder à un test sur route, ou on peut procéder à une suspension, a affirmé Jamie Dow, conseiller médical en sécurité routière à la SAAQ. Ou on peut simplement renouveler un permis avec un suivi dépendamment de la nature du problème.»

Selon le dernier bilan routier du ministère des Transports du Québec, le nombre d'accidents mortels est en baisse au Bas-Saint-Laurent. Toutefois, la région demeure dans le peloton de tête quant au vieillissement de la population, avec une moyenne d'âge plus élevée de 4 ans par rapport à ailleurs en province.