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Il pourra faire de la moto malgré son handicap à la main

Antoine Lacroix | Agence QMI

Un travailleur qui a eu la main complètement broyée lors d’un accident de travail pourra retrouver sa passion de faire de la moto grâce à un mécanicien qui a su adapter sa monture à son handicap.

«Pour la première fois depuis mon accident, j’ai pu décrocher et ne pas penser à ma main. Je ne voulais plus débarquer. Je n’arrêtais pas de lâcher des cris de joie dans mon casque, quelqu’un qui m’aurait entendu se serait demandé si j’avais toute ma tête», plaisante David Doonan, de Dunham, en Montérégie.

Main greffée à l’abdomen

En mai 2016, le père de deux enfants avait eu la main droite broyée entre deux rouleaux servant à écraser du plastique. Pour la sauver, on avait greffé sa main à l’intérieur de son abdomen pour que les tissus se régénèrent autour des os du membre, une technique rarement employée par les médecins.

Juste après son accident, il se souvient avoir pointé sa moto aux ambulanciers qui s’apprêtaient à l’emmener à l’hôpital.

«Je leur ai dit que je l’avais achetée une semaine auparavant et que, probablement, je ne pourrai plus jamais embarquer dessus», évoque l’homme de 44 ans.

Quatre opérations

Depuis, sa main a guéri pour former une sorte de mitaine autour de ses doigts blessés. M. Doonan a subi quatre opérations pour le préparer à une reconstruction. Le 25 mai dernier, la mitaine est devenue une sorte de pince», lui facilitant un peu plus la vie, explique-t-il.

«Même avec ma main telle qu’elle est présentement, je n’étais pas capable d’actionner le frein. J’étais pas mal résigné à la vendre si ce n’était pas sécuritaire de rouler avec elle. Une chance, on a réussi à me faire un petit miracle», relate-t-il au bout du fil.

Son «miracle», c’est Pierre Beullac, un mécanicien installé depuis 38 ans à West-Brome, non loin de Dunham, qui l’a réussi.

«Pour être bien honnête, ce n’était pas compliqué. J’ai jumelé les deux freins situés sur les poignées sur la même pédale de frein, pour le pied. Lors d’un freinage, la masse est déportée vers l’avant, alors il a fallu calibrer pour que la pression se dirige plus vers le disque de frein avant. C’est une opération qui prend environ deux heures», explique M. Beullac, qui est très heureux d’avoir pu venir en aide à l’accidenté.

Pouvoir embarquer à nouveau sur sa monture procure à David Doonan un effet thérapeutique, lui faisant momentanément oublier son handicap.

Estime de soi

«Ça aide beaucoup pour mon estime de moi, ma confiance. Ça me fait réaliser qu’il y a moyen que je reprenne le contrôle sur ma vie. Ce n’est pas facile. Il y a des hauts et des bas, mais ça vient aider», souligne le Dunhamien.

Le 10 juillet, M. Doonan rencontrera de nouveau son médecin, afin de commencer à préparer l’opération finale pour sa main.

«On n’en a pas encore parlé officiellement, mais on pourrait faire une autre opération. Le but serait de séparer les deux derniers doigts. Ce serait surtout esthétique, mais ça pourrait m’aider un peu dans la vie de tous les jours», précise-t-il.