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Un vrai triomphe pour Footloose

Bruno Lapointe | Agence QMI

Serge Postigo offre cet été un véritable vol direct vers les années 1980 avec «Footloose», un spectacle musical enjoué, flamboyant et franchement divertissant. Le résultat ? Deux heures trente de plaisir contagieux.

Un couple gagnant

Serge Postigo aurait difficilement pu trouver de meilleurs candidats que Philippe Touzel et Éléonore Lagacé pour donner vie aux personnages de Ren MacCormack et Ariel Moore. En plus de son talent indéniable, Philippe Touzel possède un charisme impressionnant qui le rend incroyablement attachant dans le rôle d’un adolescent rebelle. Difficile, voire impossible, de le quitter des yeux dans les numéros à grand déploiement. Éléonore Lagacé est quant à elle une véritable révélation. Dotée d’une voix capable d’autant de puissance que de douceur, il y a fort à parier que «Footloose» lui servira de locomotive pour lancer sa carrière. La chimie entre les deux jeunes artistes saute aux yeux, faisant de leur version de «Almost Paradise» un des moments forts de la soirée.

Humour soutenu

Avec «Footloose», le terme «comédie musicale» prend tout son sens, le spectacle étant appuyé par une bonne dose d’humour. À ce chapitre, on s’en voudrait de ne pas souligner le jeu de Tommy Joubert et Tanya Brideau, absolument désopilants et rafraîchissants dans la peau de Willard et Wendy Jo respectivement, amis des deux personnages principaux.

Des bémols

Des bémols? «Footloose» en a quelques-uns, mais rien de bien grave. Certains numéros de groupe manquent de clarté au niveau des voix, les paroles devenant inaudibles lorsque plusieurs chanteurs s’exécutent en même temps, notamment dans les premiers tableaux. À d’autres moments, on sent que quelques scènes auraient gagné à être raccourcies, histoire de resserrer le récit et de maintenir le niveau d’énergie tout au long de la soirée.

Les attentes

Avouons-le, les attentes étaient particulièrement élevées pour «Footloose», Serge Postigo ayant placé la barre (très) haute l’an dernier avec son adaptation remarquable de «Mary Poppins». Ce qu’il propose aujourd’hui est un univers aux antipodes de celui de la célèbre nounou, soit plus urbain et réaliste. Sage décision. Un autre choix judicieux est celui d’avoir gardé les chansons les plus connues («Almost Paradise», «Holding Out For a Hero» et compagnie) dans leur version originale, soit en anglais. Les quelques lignes dans la langue de Shakespeare insérées dans les dialogues permettent une transition fluide et sans heurt.

Visuellement impressionnant

Impressionnantes et rodées au quart de tour, les chorégraphies font partie intégrante du succès de «Footloose». Le chorégraphe Steve Bolton a vraisemblablement tout mis en place pour en mettre plein la vue tout au long du spectacle. De nombreux numéros tels que «Let’s Hear It for the Boy» et, bien sûr, la finale sont franchement spectaculaires. Le décor, tapissé d’un écran permettant de changer d’univers en un tournemain, permet de faire voyager les spectateurs de manière rapide et efficace, passant d’une église à un gymnase et à la salle à manger d’une maison familiale.

Le verdict

Difficile de résister à la proposition de Serge Postigo. «Footloose» est un concentré de bonne humeur qui nous fixe un sourire au visage et nous donne envie, comme les personnages sur scène, de «danser notre vie».