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Vincent Bilodeau: 45 ans de carrière

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Frédéric Auclair/TVA Publicati

Alors qu’il joue dans la pièce «Chat en poche» au Théâtre Rougemont, du 29 juin au 26 août, Vincent Bilodeau célèbre également son 45e anniversaire de métier. Des décennies qu’il a traversé avec horaire toujours assez chargé, alternant les contrats à la télévision, au cinéma et au théâtre qui lui ont permis de vivre mille et une vies.

Pour célébrer ses 45 ans de carrière, Vincent Bilodeau sera sur scène tout l’été dans «Chat en poche», de Feydeau, au Théâtre de Rougemont.

«Feydeau est un auteur “iceberg”: ce qu’on voit à la surface n’est rien comparativement à ce qu’il y a en dessous. Il demande une articulation parfaite et une technique théâtrale plus élaborée que beaucoup d’autres auteurs. En comédie, c’est toujours comme ça, mais avec Feydeau, c’est une coche au-dessus. Il demande de la virtuosité. Sa critique sociale et humaine est très pointue, mais pour arriver à la faire passer, il faut maîtriser le génie de la langue.»

Pour cette nouvelle production, la pièce a été transposée dans les années 1950, à Paris. Vincent Bilodeau aime jouer au théâtre durant la saison estivale. C’est d’ailleurs dans un théâtre d’été qu’il a commencé sa carrière, en 1972, à sa sortie de l’Option-Théâtre du Collège Lionel-Groulx. Toutefois, il refuse souvent de jouer loin de Montréal afin de rester disponible pour d’autres projets. «Ça m’a certainement empêché de jouer dans de très bonnes pièces, mais j’ai souvent des tournages pour la télé ou pour le cinéma. Comme j’aime faire les deux, j’essaie de jouer près de Montréal; ainsi, je peux revenir le soir après chaque représentation. Cette année, Rougemont est à une cinquantaine de minutes seulement de Montréal, alors c’est faisable.»

Du droit au jeu

S’il reconnaît que le métier a beaucoup évolué au cours des 45 dernières années, le comédien confie toutefois que ce n’était pas plus facile à l’époque qu’aujourd’hui. Il y avait pas mal de ségrégation entre les comédiens de théâtre et ceux qui jouaient à la télévision ou au cinéma. En même temps, ce métier ne lui était a priori pas destiné, puisqu’il étudiait le droit à Québec.

«Je suis quelqu’un d’assez impulsif. Les décisions les plus importantes que j’ai prise dans ma vie sont venues sur un coup de tête. Quand j’ai décidé de devenir comédien, ce n’était pas planifié. Il n’y a pas de hasard, mais quand même, jusqu’à un certain point. J’avais accompagné une amie qui venait faire les auditions à Sainte-Thérèse. Une fois qu’on a été rendus sur place, les circonstances ont voulu qu’on me fasse aussi passer l’audition. Le directeur trouvait que j’avais du talent et m’a proposé d’entrer à l’école.»

Vincent Bilodeau était toutefois loin d’être un étudiant modèle.

«J’ai haï l’école toute ma vie! Je me rappelle ma première journée d’école, en première année du primaire; j’avais pleuré toute la journée. Et je me rappelle aussi ma dernière journée d’école, il y a 45 ans. J’ai alors ressenti un énorme sentiment de liberté. Étonnamment, mes enfants et ma femme sont allés à l’université et ont adoré faire des études. Pas moi.»

Un grand deuil

Privilégié de pouvoir participer à de beaux projets au fil des décennies, Vincent Bilodeau garde un souvenir indélébile des 15 années durant lesquelles il a joué dans le téléroman «L’auberge du chien noir».

«Ce métier est fait d’insécurité. Un acteur est toujours au chômage entre deux rôles. J’avais un rôle important. Sur les 27 émissions annuelles, j’en faisais au moins une dizaine. C’était une bonne base pour moi sur tous les plans, que ce soit pour le côté monétaire ou le simple fait d’avoir du travail. Je recevais toujours des textes, il y avait quelque chose qui roulait tout le temps. Faire ça durant 15 ans, c’est exceptionnel.»

Vincent Bilodeau et les autres comédiens de la série ont véritablement formé une nouvelle famille. Celle-ci lui manque beaucoup depuis que la clé a été mise dans la porte de «L’auberge».

«Ça a été un gros deuil profond à vivre, qui n’est pas terminé. On avait une complicité et une amitié très profondes tous ensemble. On a vécu et grandi ensemble, comme avec notre famille. Les auteurs, Sylvie Lussier et Pierre Poirier, écrivent pour l’acteur qui va jouer le rôle de façon très pertinente. Et ils sont très rassembleurs. Je ne sais plus combien de partys on a faits ensemble. Je peux vous dire que la dernière journée d’enregistrement, il y avait des rivières de larmes. Mais le lien entre les comédiens de «L’auberge» est impérissable.»

À l’affiche à Paris

Vincent Bilodeau sera de retour dans la prochaine saison de «Blue Moon», la série de Club illico, dans laquelle il joue le rôle du premier ministre. «Quand on m’a offert de revenir pour la troisième saison, j’étais content, car c’est un vrai personnage. J’ai beaucoup plus de scènes, et mon rôle a plus de consistance. C’était très le fun. J’ai beaucoup aimé ça.»

Mais il sera surtout à l’affiche du Casino de Paris, du 17 avril au 13 mai 2018, dans la version parisienne d’«Edgar et ses fantômes», rebaptisée «Patrick et ses fantômes». «On refait le même spectacle avec Patrick Poivre d’Arvor. C’est un homme très charmant, d’une grande gentillesse et très attentif. On a eu une belle rencontre avec lui. Ça va être le même spectacle qu’avec Edgar. Patrick a reçu le texte, il l’a lu et il n’a fait aucune modification. Il voulait aussi garder la distribution québécoise, parce qu’on insuffle une grande vitalité au spectacle.»

Vincent Bilodeau retrouvera donc ses complices André Robitaille, Sylvain Massé et Renaud Paradis pour l’occasion.

«J’ai hâte d’y être. Chaque fois que je croise André, on s’en parle. On va rester un mois et demi en France. Mais ce ne sera pas des vacances. On a quand même six spectacles par semaine; ça ne laisse pas beaucoup de temps pour visiter et faire du tourisme. Ma femme va venir me rejoindre, et mes enfants vont venir nous visiter.»

Le voyage de ses rêves: de retour du Japon

Vincent Bilodeau rêvait depuis son enfance de visiter le Japon, et il a finalement réalisé son rêve en mai dernier.

«J’adore le Japon, que ce soit les paysages, la peinture, le théâtre, la culture... Et comme mon ami Jean-François Lépine habite à Shanghai, on avait planifié d’aller au Japon. On faisait un arrêt en Corée, avant de finir notre périple à Shanghai.» Malheureusement, le décès de Janine Sutto a contraint Jean-François Lépine et sa conjointe, Mireille Deyglun, de revenir au Québec pour les funérailles. «Mais on est quand même allés en Chine.»

Vincent Bilodeau a réellement adoré son voyage et a été ébloui par les beautés du Japon.

«C’était au-delà de mes attentes. Kyoto est une ville absolument magnifique! J’irais y vivre demain matin. La ville est toute petite et elle a gardé un caractère un peu médiéval. Les Japonais sont un peuple éminemment civilisé. Chaque geste de la vie est codé. Ils sont souriants et veulent toujours aider les gens. On était au Japon durant le sakura, la période des cerisiers en fleur; c’était éblouissant. J’ai vraiment fait un voyage extraordinaire!»

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