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La fortune d’un prêteur usuraire tué par la mafia convoitée

Éric Thibault | Journal de Montréal

 - Agence QMI

PHOTO ARCHIVES/JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Roger Valiquette était considéré comme le plus important prêteur usuraire au Québec lorsque la mafia l’a éliminé de plusieurs balles, à Laval, il y a trois ans. Son ancienne conjointe, son fils ainsi qu’un ex-employé et ses créanciers se disputent ses millions de dollars dans une guerre en justice.

Diane Brazeau aurait «dilapidé» la fortune de son défunt conjoint, mené «une vie princière» et laissé des miettes au fils de celui qui a partagé sa vie entre l’été 2000 et l’automne 2012. C’est ce qu’allèguent Francis Parent Valiquette, fils de l’ex-roi du prêt usuraire, et Jean-François Bouchard, ancien gestionnaire d’entreprises fondées par Roger Valiquette, dans des poursuites judiciaires de plusieurs millions dont Le Journal de Montréal a pris connaissance.

Il la «déteste»

Le fils de Roger Valiquette a admis devant la Cour supérieure qu’il «déteste» l’ancienne flamme de son père, selon la juge Silvana Conte dans une décision rendue en faveur d’un autre créancier de Diane Brazeau, le 25 mai dernier.

Cette dernière porte trois chapeaux dans cette dispute vitriolique. Un premier comme dirigeante d’une dizaine de compagnies mises sur pied par son ex-conjoint. Un second comme liquidatrice de la succession de Roger Valiquette. Et un troisième comme responsable d’une fiducie familiale que le couple avait créée pour subvenir aux besoins – par la remise de dividendes à l’abri du fisc – de Mme Brazeau, de la fille de celle-ci (née d’une autre union) et de Francis Parent Valiquette, dont elle n’est pas la mère.

Depuis la fin 2013, Francis Parent Valiquette dit n’avoir reçu que 2500 $ de la fiducie familiale dont il est l’un des bénéficiaires, comparativement à 775 000 $ pour la défenderesse.

Il trouve «particulièrement choquant» d’avoir appris que Mme Brazeau «ne veut rien laisser au fils de son ex-conjoint» et demande au tribunal de lui confier les rênes de cette fiducie.

Il se dit «stupéfait» d’allégations voulant que Diane Brazeau «aurait commis des opérations frauduleuses» pour éviter de rembourser des créanciers et lui permettre «de s’accaparer» des sommes qui devraient lui revenir, par le biais de la fiducie familiale, dont il est tenu «dans l’ignorance totale».

«Dividendes outranciers»

Le nouvel employeur de Jean-François Bouchard, une société de placements dont il est maintenant directeur général et détenue par un ex-associé de Valiquette, réclame de son côté 2,9 millions $ en dettes impayées à Mme Brazeau et à ses compagnies.

Congédié deux ans après la mort de Valiquette, M. Bouchard prétend que Diane Brazeau a vécu «une vie princière et luxueuse» en utilisant «les fonds des sociétés défenderesses comme ses propriétés personnelles». Ou en se payant des «dividendes outranciers».

Il allègue même que Mme Bra¬zeau s’est «octroyé un dividende de sa fiducie pour la somme de 50 000 $ la veille de l’assassinat de son ex-conjoint.»

Dans un affidavit produit à la Cour, M. Bouchard prétend qu’il a appris par les médias que Valiquette était lié à la mafia. «Il s’est toujours représenté comme un homme d’affaires de bonne réputation. Il semble que les faits démontrent le contraire», ajoute-t-il.

Diane Brazeau réfute ces allégations, même si les tribunaux ont autorisé la saisie temporaire de son penthouse à Laval, de ses deux Mercedes et de plusieurs actifs de ses compagnies d’une valeur d’au moins 5 millions $, en attendant l’issue de ces poursuites.

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