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Des sinistrés se disent abandonnés par les autorités

Camille Garnier | Agence QMI 

Des centaines de personnes sinistrées dans les inondations survenues en avril et en mai ont profité d’une consultation publique lundi à Pointe-Claire pour exprimer leur colère.

Environ 800 personnes, la plupart sinistrées lors des récentes inondations, se sont présentées à cette consultation qui visait à présenter le projet de mise en place d’une zone d’intervention spéciale dans les municipalités affectées.

Cette zone d’intervention spéciale qui sera établie par décret aura pour but de prévenir la construction ou la reconstruction de bâtiments sur des plaines.

Elle prévoit notamment d’interdire la reconstruction de bâtiments pour lesquels le coût des travaux représenterait plus de 50% de la valeur du bâtiment.

 

Six semaines d’attente

Beaucoup de sinistrés avaient fait le déplacement afin d’exprimer leur frustration.

C’était le cas de Steve Brochant, un sinistré de Pierrefonds qui, si le décret était adopté, ne pourrait pas reconstruire sa maison.

«Ce qui me fâche le plus ce n’est pas d’apprendre que je ne pourrais pas reconstruire cette maison dans laquelle ma grand-mère a perdu la vie, a-t-il déclaré. Ce qui me fâche c’est de voir que tout a déjà été décidé sans nous et que le décret est déjà écrit.»

Mauvaise communication

M. Brochant expliquait n’être admissible à aucune aide, car la maison touchée par les inondations était une résidence secondaire.

Dans une atmosphère tendue, René Leblanc, dont l’habitation a subi pour 150 000 $ de dommages, a pris la parole au nom d’un collectif d’une trentaine de familles sinistrées de la rue des Maçons, à Pierrefonds.

«C’est un casse-tête. On nous demande des permis pour faire des travaux, sauf que pour avoir un permis, il faut une évaluation. Moi, mon évaluation, on m’a promis qu’elle serait faite sous 15 jours, il y a six semaines de cela.»

L’homme, qui loue un condo à ses frais depuis son évacuation le 7 mai, explique ne plus savoir à qui s’adresser.

«Le gouvernement nous renvoie vers la municipalité et la municipalité nous renvoie vers le gouvernement, se lamente-t-il. Leur communication est toute croche.»

Inquiets pour leur maison

Beaucoup des participants s’inquiétaient de savoir quel serait le montant de leur dédommagement s’ils se voyaient interdits de reconstruire leur maison.

«On me dit que l’aide financière maximum est de 200 000 dollars, mais moi ma maison vaut le triple», s’est exclamé l'un d’eux.

Les représentants des différents ministères concernés ont indiqué qu’ils ne pouvaient pas apporter de réponses aux cas particuliers, mais qu’ils prendraient compte des remarques entendues avant la mise en place de la zone d’intervention spéciale.

La consultation de Pointe-Claire n’était pas la seule prévue lundi. En tout, 17 réunions publiques similaires ont eu lieu à travers le Québec.

Les inondations ont touché 5300 résidences dans 278 municipalités aux mois d’avril et de mai dernier. Plus de 4000 Québécois ont été évacués lors des événements.

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