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Trains de Bombardier: fusion imminente avec Siemens?

Philippe Orfali | Journal de Montréal

Le rapprochement tenté entre l’allemande Siemens et Bombardier dans le domaine de la construction ferroviaire semble bel et bien sur le point de se concrétiser, quelques mois après le début de pourparlers en ce sens.

Afin de mieux concurrencer la Chine, Bombardier Transport et Siemens entendent créer deux nouvelles coentreprises, dont le chiffre d’affaires dépasserait 10,6 milliards $ US.

L’entente est pratiquement conclue, rapportait vendredi l’agence Reuters. Une annonce pourrait être faite dès le début du mois d’août, selon diverses sources.

Deux nouvelles entreprises

La première compagnie se spécialiserait dans le matériel roulant - trains, locomotives, etc. -, tandis que la seconde serait chargée de tout ce qui concerne la signalisation ferroviaire, une composante cruciale de cette industrie.

Bombardier deviendrait l’actionnaire majoritaire de la première entreprise, tandis que Siemens serait celui de la seconde.

La création de deux coentreprises, et non d’une seule, pourrait permettre à Siemens et Bombardier d’éviter de faire face à des accusations en vertu des lois antitrust ou sur la concurrence européenne, une possibilité qui avait été évoquée en avril, lorsque les premières rumeurs de fusion avaient fait surface.

Les deux entreprises ont refusé d’accorder des entrevues à ce sujet.

Leurs conseils d’administration respectifs doivent se prononcer sur la question au cours des deux prochaines semaines, selon Reuters.

Mieux concurrencer la Chine

À la recherche de capitaux pour financer sa division aéronautique, le groupe Bombardier avait vendu l’an dernier une participation de 30 % dans Bombardier Transport à la Caisse de dépôt et placement du Québec, en échange de 1,5 milliard $.

La division Transport est actuellement évaluée à 5 milliards $.

Benoit Poirier, analyste financier chez Desjardins, avait estimé en avril que cette fusion permettrait à Bombardier de «rivaliser plus efficacement avec ses concurrents chinois, qui prennent de l’expansion à l’étranger».

Il s’agirait aussi, selon lui, d’une façon de «maximiser la valeur pour les actionnaires», en plus de permettre à l’entreprise d’injecter des fonds dans d’autres programmes en grand besoin de capitaux, par exemple celui des avions C Series