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Atteinte de la maladie de Lyme et incapable d'être soignée au Québec

TVA Nouvelles

La maladie de Lyme est de plus en plus fréquente au Québec, mais c'est toujours aussi compliqué d'obtenir un diagnostic rapide. Une résidente de Delson en Montérégie a dû se battre pour être diagnostiquée et s’est même endettée pour être soignée.

Chantal Savoie a contracté la maladie de Lyme, il y a bientôt deux ans. Piquée par une tique au cou, une rougeur est rapidement apparue.

«Toute la journée, je l'ai vu s'étendre. C'est une caractéristique», affirme Mme Savoie dans une entrevue à TVA Nouvelles. Les jours suivants, elle a eu de la fièvre et des raideurs au cou.

Sensibilisée à l'époque à la maladie, elle s'est rendue chez un premier médecin.

«J'ai été stupéfaite que le médecin me rit presque au nez en disant: "Vous n'avez pas voyagé, c'est impossible"», se souvient-elle.

Mme Savoie ira voir un deuxième et même un troisième médecin, mais elle est incapable d’obtenir un diagnostic.

«Ma petite madame, vous avez trop lu sur internet», lui avait dit un professionnel de la santé.

Six mois après sa piqûre, elle est hospitalisée et obtient finalement un diagnostic de la maladie de Lyme. Elle dénonce l'absence de diagnostic rapide, car la maladie aurait pu être freinée.

«Qu'est-ce que ça coûte pour une vie, de donner trois semaines d'antibiotiques?», martèle Mme Savoie en entrevue à TVA Nouvelles.

Traitements de 17 000$ par année aux États-Unis

Après un traitement d'environ un mois au Québec, ses médecins lui annoncent qu'elle était guérie, mais les symptômes persistent. Incapable d'être traitée au Québec, elle se rend aux États-Unis.

Elle y passe ses économies soit 17 000$ par année pour ses traitements.

«Je mets au défi: soignez-moi ici au Québec. Arrêtez de dire qu'on est pathétique et qu'on cherche absolument un traitement. On cherche juste à retrouver notre vie», lance la résidente de Delson.

Même si la Santé publique dit faire davantage de sensibilisation auprès des médecins, l'Association de la maladie de Lyme confirme que des diagnostics rapides peuvent être difficiles à obtenir, quand on ne se présente pas avec la tique chez le médecin.

«Et je me retrouve malade au Québec et je ne peux pas être soignée. Moi, c'est ça qui est mon aberration totale. Je suis d’accord avec la prévention, mais quand on se fait piquer et qu'on ne l'a pas vue tout de suite ou que le médecin ne nous a pas cru, qu'est-ce qu'on a comme alternative? C'est ça que je veux savoir», conclut Mme Savoie.