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Des boissons alcoolisées inquiètent

Antoine Lacroix | Agence QMI

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Au goût de citron, de melon d’eau, de pêche ou de fraise, la boisson Four Loko se boit presque aussi facilement qu’une limonade, mais contient 11,9 % d’alcool, ce qui représente un grand risque pour la santé, dénoncent des experts.

La Four Loko, d’origine américaine, mais fabriquée dans une usine de Terrebonne, est de plus en plus présente dans les soirées de jeunes adolescents. Des médias américains rapportent des hospitalisations à la suite d’intoxications. Sur YouTube, on retrouve aussi plusieurs vidéos où les participants vident des canettes par défi et finissent gravement malades.

La boisson alcoolisée au malt, que les Américains surnomment «black-out in a can» (perte de conscience en canette), se trouve en épicerie et dans les dépanneurs et ne coûte en moyenne que 4 $.

Le goût sucré, qui masque en partie l’alcool, est dû aux 65 grammes de sucre contenus dans une canette, pour 660 calories.

«Puisque ça a meilleur goût en raison du sucre, c’est plus facile à boire», estime Mme Ferland.

Au Québec, le ministère de la Santé et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) n’ont pas de données sur le sujet et ne semblaient pas au courant de l’engouement pour cette boisson.

«L’alcool amène [les adolescents] à prendre des risques, a cependant commenté Nicole April, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive à l’INSPQ. Et leur développement psychologique n’est pas suffisamment avancé en termes de jugement pour bien gérer ces risques-là», prévient-elle.

Apologie de la consommation

Même si le fabricant respecte les lois et règlements entourant sa mise en marché, «c’est un produit qui est conçu pour exacerber les sensations fortes chez les jeunes», estime Hubert Sacy, d’Éduc’alcool.

Avec de la promotion sur les réseaux sociaux où on peut lire que «la prise de risques fait partie de l’ADN» de Four Loko et que la boisson alcoolisée amène «moins d’excuses, plus d’histoires à raconter», M. Sacy considère qu’on fait l’apologie de la consommation excessive d’alcool.

«Voyons, on ne peut pas pousser à surconsommer. Peu importe l’alcool, on invite les parents à être vigilants à ce que leur enfant boit, mais encore plus vigilants avec cette boisson», souligne-t-il.

«Certains chercheurs croient que si les adolescents surconsomment de l’alcool, c’est en grande partie causé par leur incapacité à anticiper les conséquences de leurs gestes», indique Éduc’alcool.

Augmenter les prix ?

Une politique de prix minimum sur l’alcool pour augmenter le coût des canettes de Four Loko pourrait régler les problèmes de surconsommation chez les jeunes.

«Ça éliminerait les produits bon marché, qui sont privilégiés par les jeunes et les gros buveurs, et ça a été démontré à plusieurs endroits comme une mesure efficace qui viendrait contrer la surconsommation», affirme la Dre April, «puisqu’on ne pourrait se rabattre sur autre chose».

De son côté, l’entreprise américaine Phusion Projects, qui possède Four Loko, se défend dans un communiqué d’inciter les adolescents à boire, invitant les jeunes de moins de 18 ans à respecter la loi et à ne pas boire. Elle ajoute qu’elle «prend très au sérieux» leur obligation de commercialiser leur produit uniquement pour les adultes pouvant légalement consommer de l’alcool.

Une cannette de 560 ml:

- à un taux de 11,9 % d’alcool

- l’équivalent de 4 verres de vin

- contient 13 cuillères à thé de sucre

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