/news/currentevents

Me Guy Bertrand s’adresse au meurtrier de la fillette

TVA Nouvelles

Agissant à titre de procureur indépendant en 2009 afin de faire progresser l’enquête sur la disparition de Cédrika Provencher, qui manquait à l’appel depuis le 31 juillet 2007, Me Guy Bertrand n’a pas réussi à élucider l’affaire.

«Henri et Martin Provencher étaient désespérés quand ils sont venus me voir. Passer après Claude Poirier et la police. Quoi faire de plus? Je voulais retrouver Cédrika. J’ai réfléchi et créé un poste de procureur indépendant qui me permettait de jouir du secret professionnel et de non-divulgation de l’information», se remémore l’avocat de Québec qui espérait délier des langues

Dignité

Toute la bonne volonté et les 170 000 dollars dont Me Bertrand disposait n’ont pas permis de faire avancer l’enquête, mais huit ans plus tard, ce dernier ne désespère pas. Il s’adresse directement, par le truchement de la caméra de TVA Nouvelles, à celui qui a tué la petite dont les ossements ont été retrouvés dans un boisé en Mauricie, en 2015.

 «Je dis à ce monsieur-là: "Vous avez vécu dix ans dans une fausse liberté. Vous n’êtes pas libre. Chaque jour, votre conscience est troublée par les remords. Il y a une façon de terminer vos jours dans une certaine dignité, c’est de vous livrer"», formule l’avocat.

Morte ou vivante

«Avec 170 000 dollars, j’avais la ferme conviction que quelqu’un recevrait une confidence, et dire: "Voilà où vous aller trouver le corps". Le but n’était pas de retrouver le meurtrier, mais Cédrika morte ou vivante», appuie Me Bertrand.

Dans les heures qui ont suivi la conférence de presse de l’avocat en 2009, où il annonçait qu’il allait investir de son temps, travailler pro bono donc gratuitement pour la famille Provencher dans le dossier de la disparition de la jeune Trifluvienne, les lignes téléphoniques n’ont pas dérougi.

Quelque 340 informations ont été colligées et une vingtaine ont été transférées à la Sûreté du Québec qui enquêtait au dossier, informe l’avocat. D’après Guy Bertrand, son équipe a même fait des fouilles dans un boisé du Saguenay-Lac Saint-Jean à la suite des confidences d’un ex-détenu. En vain.