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Visite d’une réserve archéologique

Montréal a ouvert les portes d’une voute où sont conservés la majorité des artéfacts archéologiques de la métropole.

Les médias ont pu visiter cette réserve des collections archéologiques de la Ville de Montréal dont l’accès est très limité et qui accueille seulement 32 personnes annuellement dans le cadre du mois de l’archéologie en août.

Ces places sont déjà réservées pour l’édition de cette année.

Une «bibliothèque» archéologique

Pour l’archéologue de la division patrimoine de la Ville de Montréal François Bélanger, la réserve est un endroit où est littéralement préservée l’histoire de la métropole.

«C’est comme une bibliothèque du patrimoine archéologique de Montréal», a résumé M. Bélanger qui est le gestionnaire de la réserve.

À travers ses différentes collections, la réserve contient notamment des pièces uniques des fortifications de 18 pieds de hauteur qui protégeaient Montréal au 18e et 19e siècle, de la vaisselle délicate importée d’Europe et d’Asie et utilisée pour servir les riches de la ville et de la monnaie datant de toutes sortes d’époques.

Les objets les plus recueillis par les archéologues sont les pipes à tabac qui sont trouvées en si grand nombre dans les fouilles, car Montréal produisait environ 10 millions de pipes par année au 19e siècle. Certains modèles montréalais ont d’ailleurs été retrouvés jusqu’en Australie.

Les artéfacts amérindiens sont cependant les plus anciennes pièces cataloguées à la réserve.

«C’est certain que nous pourrions passer des journées entières à regarder toutes les différentes collections», a mentionné M. Bélanger en parlant des centaines de milliers d’objets préservés à la réserve.

À chaque objet sa propre histoire

Pour M. Bélanger, tous les objets réunis à la réserve ont quelque chose à dire.

Par exemple, nous pouvons voir une statue de la vierge Marie datant du début des années 1900 que M. Bélanger surnomme affectueusement le Sphinx, à cause de son nez coupé de façon similaire au légendaire monument égyptien.

Quelque chose d’aussi simple que de la vaisselle peut aussi en dire beaucoup sur les mœurs de l’époque, comme cette assiette de fabrication anglaise conservée à la réserve qui vient fort probablement de Polynésie ou de Malaisie et qui arbore en calligraphie arabe l’équivalent d'une chanson d’amour. Selon M. Bélanger, ce type d’objet était utilisé pour séduire un être cher ou pour signaler l’intérêt que l’on portait envers quelqu’un.

«Ils n’avaient pas de site de rencontre au 19e siècle, donc ils se donnaient ça à la place», a expliqué en blaguant M. Bélanger.

Même un objet aussi insolite qu’une figurine de plastique du Schtroumpf volant trouvé dans une fouille de Pointe-au-Tremble à une valeur aux yeux de l’archéologue.

«Chaque objet à une histoire qui vaut la peine d’être racontée», a expliqué l’archéologue en mentionnant que cette figurine enfantine deviendra un artéfact fascinant pour les archéologues qui le regarderont dans 200 ans.

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