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Couillard «préoccupé» par les groupes d’extrême droite

Bien qu’il se dise «préoccupé» par la montée des groupes d’extrême droite, dont celui qui s’est affiché sur une autoroute de Québec, Philippe Couillard préfère s’en prendre à véritables adversaires politiques, qu’il accuse d’attiser la peur.

«Malheureusement, ces groupes-là font partie de la société», a réagi le premier ministre, après qu’une gigantesque banderole invitant à renvoyer les immigrants dans leurs pays d’origine ait été accrochée, lundi matin, sur une passerelle piétonne surplombant l’autoroute Henri-IV.

«J’ai déjà dit que la liberté d’expression permet de dire des conneries. Ça fait partie de ce qu’est la liberté d’expression, a ajouté M. Couillard. [...] Ils sont sur le terrain des préjugés, de l’inquiétude des gens. Ce phénomène-là existe partout. [...] Ça me préoccupe, mais je ne veux pas leur donner plus d’importance.»

Un mur à la frontière

Le chef libéral préfère s’attaquer aux chefs péquiste et caquiste, Jean-François Lisée et François Legault, qui, depuis quelques jours, se livrent une guerre de mots en lien avec l’arrivée massive de demandeurs d’asile haïtiens.

Après avoir accusé François Legault d’être sur le point de réclamer la construction d’un mur à la frontière canado-américaine, Philippe Couillard suspecte maintenant Jean-François Lisée de vouloir la même chose.

Le chef libéral en veut à son adversaire péquiste d’avoir déclaré, lundi, qu’un «Québec indépendant ferait respecter sa frontière».

«C’est une longue frontière, a déclaré M. Couillard, lors d’une mêlée de presse. Comment vous allez faire pour vous assurer que personne (ne) traverse entre les postes-frontières? Ça va prendre un mur, hein M. Lisée! Vous aussi vous voulez un mur!»

Attiser la peur

M. Couillard s’est toutefois défendu de blâmer les partis d’opposition pour la montée de l’intolérance observée au cours des derniers jours, ici et ailleurs.

«Mais quand on prononce des paroles, quand on appelle ces gens "illégaux", quand on dit qu’ils ont traversé la frontière illégalement, de deux choses l’une : soit on ne connaît pas les lois et les conventions, ou encore pire, on les connaît et on fait semblant de les connaître. Alors un peu de sérieux. [...] Tout discours qui inquiète les gens, qui attise la peur a ce genre de conséquence-là, il faut en être conscient.»