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Des bouchers montréalais menacés pour une vidéo sur Facebook

Deux bouchers de Montréal ont reçu des messages haineux et menaces de mort après avoir mis en ligne une vidéo présentant une technique de découpage du porc sur leur page Facebook, Salaison St-André.

Dans cette vidéo, la bouchère Dominique Rioux apprête un porc en crapaudine, une technique répandue en Europe, mais peu connue au Québec.

La vidéo a été tournée et mise en ligne pour informer et faire connaître cette technique de boucherie.

«L’objectif était simplement d’avoir un support visuel pour les gens qui voulaient essayer la découpe du porc en crapaudine. Quand moi et André (Savoie) on a essayé de trouver des vidéos pour essayer cette découpe, on n’en a pas trouvé. On a pensé que ça serait peut-être bon de montrer aux gens comment faire», a expliqué Dominique Rioux sur les ondes de LCN.

Il s’agissait du deuxième porc en crapaudine que les bouchers ont eu l’occasion de préparer.

«Le premier on n’a pas pu le filmer, mais que si on avait la chance d’en revendre un autre, on voulait le filmer pour le montrer à d’autres bouchers», explique de son côté le propriétaire de Salaison St-André, André Savoie.

La vidéo qui a eu une grande visibilité sur Facebook a été publiée sur plusieurs groupes, elle a toutefois attiré l’attention de détracteurs. «À partir de 10 000 vues, ça fait un gros ‘’boum’’.

C’est arrivé en masse. Des commentaires négatifs, des menaces. On nous a dit qu’on était des psychopathes, qu’on n’avait pas de cœur, qu’en 2017 on ne devrait pas tuer des animaux», expliquent Mme Rioux et M. Savoie.

Le duo a même reçu des menaces. «On a menacé de mettre le feu à ma boucherie, de tuer Dominique», ajoute M. Savoie.

Selon les bouchers, les commentaires proviennent de partout à travers le monde. Peu de commentaires étaient issus de Montréal.

«C’est notre art la boucherie, notre vie, ma famille a des boucheries depuis 132 ans à Montréal. L’établissement que je dirige a pignon sur rue depuis 53 ans, je pratique ce métier-là depuis 34 ans et j’en suis très fier. On n’a pas de relève en boucherie, ce n’est pas valorisé, alors si on commence à le diaboliser, ça ne va pas s’améliorer», précise M. Savoie.

Malgré tout, les bouchers disent ne pas regretter du tout d’avoir partagé la vidéo. Ils comptent porter plainte à la police.

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