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Neutralité religieuse de l’État: Barrette réplique à Labeaume

Marc-André Gagnon | Agence QMI

N’en déplaise au maire Labeaume, le gouvernement Couillard n’a pas l’intention d’interdire le port de la burqa, du niqab ou de la cagoule dans l’espace public.

Mécontent des débordements survenus lors des manifestations qui ont eu lieu à Québec le weekend dernier, le maire de Québec a plaidé pour que le port de la cagoule, au même titre que la burqa ou le niqab, ne soit plus permis dans l’espace public.

Régis Labeaume a du même coup invité le gouvernement Couillard à aller plus loin que prévu dans son projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État, une demande qui restera vraisemblablement lettre morte.

«La règle est claire : ce sont les services offerts et reçus par un organisme public qui doivent être à visage découvert», s’est limitée à dire l’attachée de presse de la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, Isabelle Marier-St-Onge, lorsque interrogée à ce sujet par notre Bureau parlementaire.

Barrette ferme la porte

Alors que Mme Vallée s’est refusée de commenter davantage, son collègue à la Santé, Gaétan Barrette, ne s’est pas fait prier pour répondre.

«M. Labeaume a droit à son opinion. Le gouvernement duquel je fais partie a pris une position là-dessus. Le débat aujourd’hui, c’est un débat qui est très simple, qui est celui de la livraison et de la réception de services publics à visage découvert, et ce n’est pas un débat (de tenue) vestimentaire sur la place publique.»

Selon le ministre Barrette, il y a une différence à faire entre des manifestants masqués qui perturbent la vie publique et ceux qui portent des vêtements pour des motifs religieux.

«Cette distance-là (entre les deux sujets) a été franchie probablement de façon inopportune (par le maire Labeaume)», a regretté M. Barrette, qui a plus tard invité l’ensemble de la classe politique à la prudence.

Les partis d'opposition réagissent

Idem pour la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. «Il n’y a pas un homme qui va venir me dire comment m’habiller, a dit la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques. [...] J’aimerais ça que M. Labeaume cesse de faire ce type d’amalgame qui, d’une certaine façon, entretient les préjugés.»

«Il y a aussi quelque chose qui s’appelle la liberté dans l’espace public, a-t-elle ajouté. Il n’est pas question qu’on dicte aux femmes ce qu’elles doivent ou ce qu’elles ne doivent pas porter.»

Même si elle considère aussi qu'il y a «deux mondes» entre le port de la cagoule par des gens violents et le port de vêtements religieux, la porte-parole péquiste en matière de laïcité, Agnès Maltais, croit qu’il y aurait moyen «d’examiner ça en même temps», en débattant de la question du visage découvert sur la place publique.

Les membres du Parti québécois discuteront d’ailleurs d’une proposition en ce sens lors de leur congrès prévu en septembre.

Du côté de la Coalition avenir Québec, on préfère s’en tenir à l’interdiction du port de signes religieux par les personnes en position d’autorité.

Le député caquiste Simon Jolin-Barrette plaide toutefois en faveur de règles plus «claires au niveau des manifestations».

«Il faut donner son itinéraire. [...] La violence est totalement inacceptable. [...] Dans notre société, il y a moyen de manifester sans se rendre-là», a dit le député de Borduas.

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