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Un Beauceron s’éteint sur une plage de Cuba

Valérie Bidégaré | Agence QMI

Pleurant le décès de son père survenu sur une plage de Cuba, la semaine dernière, la Beauceronne Angélique Villeneuve-Veer sollicite l’aide de la population pour amasser les 10 000 $ nécessaires au rapatriement du corps de son papa qu’elle rêve de serrer une dernière fois dans ses bras.

« Je ne peux pas ne pas voir mon père pour lui faire mes adieux. C’est impossible dans ma tête que je ne puisse pas le voir une dernière fois », laisse tomber Angélique, la voix entrecoupée de sanglots.

Vendredi dernier, la jeune femme, qui est aux études, soufflait sa 23e bougie au moment même où son père rendait l’âme, alors qu’il se trouvait sur une plage de Varadero, à Cuba, avec sa conjointe qui a perdu son emploi l’an dernier. Le couple devait revenir lundi, au terme d’un voyage de deux semaines. Or, la vie en a décidé autrement alors que le père d’Angélique est décédé à la suite d’un arrêt cardiaque.

« Ma mère lui a demandé d’aller se baigner et mon père lui a répondu qu’il allait la rejoindre », relate l’étudiante. « Elle était dans l’eau et regardait mon père sur la plage. Elle a vu qu’il s’est levé et s’est dirigé pour aller la rejoindre. Il a fait trois ou quatre pas, puis ma mère a eu l’impression qu’il a perdu pied avant qu’un genou ne tombe sur la plage et qu’il ne tombe en pleine face », ajoute-t-elle, dévastée.

10 000 $ pour faire «ses adieux»

Paniquée, la conjointe de Gustave Villeneuve s’est ruée sur la plage pour lui venir en aide. « Il respirait encore, mais faiblement. Elle a essayé de trouver un médecin sur la plage pour l’aider, mais il n’y en avait pas, alors ils ont appelé l’ambulance. »

L’homme, âgé de 65 ans, a rapidement été conduit dans une clinique où, malgré des manœuvres de réanimation, son décès a été constaté. La grand-mère d’Angélique lui a appris la triste nouvelle, samedi dernier, avant que cette dernière ne puisse parler à sa mère le soir venu.

« Elle m’a tout raconté. Elle m’a dit que c’était les plus belles vacances qu’ils avaient passées depuis des années ensemble, que c’était super, parfait », pleure-t-elle. « J’ai demandé à ma mère quand je pourrais revoir papa et elle m’a dit que les coûts pour le ramener étaient très élevés », ajoute la jeune femme qui soutient que son père était en parfaite santé.

Des frais élevés

Selon la jeune femme, il en coûterait 10 000 $ pour rapatrier le corps de M. Villeneuve au Québec alors que des frais quotidiens de 50 $ s’ajouteraient à la facture pour la conservation de la dépouille d’ici son transport.

« Ma mère a perdu son emploi. Elle est toujours en recherche d’emploi et mon père était le seul revenu qu’on avait à la maison. Je suis à l’université. Je me suis dit “mais qu’est-ce qu’on va faire ?” On n’a pas tout cet argent-là pour le ramener », se désole Angélique, qui a lancé une campagne de sociofinancement sur le site internet Onedollargift afin de faire ses « derniers adieux » à son père. Elle a amassé plus de 4300 $ jusqu’à maintenant.

« On ne sait pas combien les assurances paieront. C’est beaucoup, beaucoup d’informations et on est vraiment dans le néant. On a de la misère à joindre le consulat aussi. C’est tellement complexe en ce moment. [...] Ici, on n’aurait pas à se soucier de tout ce chambardement-là », conclut-elle.

Une fille endeuillée

« Mes parents sont conjoints depuis 25 ans. Tellement de mes amis ont des parents séparés. D’avoir des parents encore ensemble et heureux c’était la plus belle chose que je ne pouvais pas avoir dans ma vie. Là, ma mère se ramasse sans mon père, qui a vu toute la scène. Je sais qu’elle est forte, mais je vois qu’elle a une tristesse profonde en dedans d’elle et que ça va être long avant de disparaître », confie Angélique Villeneuve-Veer.

« À 23 ans, on a la vie devant soi, on a encore plein de projets à accomplir et on veut avoir nos parents présents à nos côtés pour voir toutes les belles réalisations que nous allons accomplir dans notre vie. Malgré tout, je n’aurai pas cette chance. La chance de voir la fierté de mon père lorsque j’aurais gradué de l’université ou encore son sourire lorsque je lui annoncerais qu’il sera grand-papa... Je n’aurai plus la chance de bien des choses avec l’homme de ma vie », ajoute la fille du défunt.