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Le concept de «secte» s’invite dans le débat

Kathryne Lamontagne | Agence QMI

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Un élu qui refuserait de rencontrer les représentants d’une secte irait à l’encontre de l’actuel projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, dénonce l’opposition.

La ministre de la Justice Stéphanie Vallée annonçait la semaine dernière qu’elle souhaitait assujettir les élus à son projet de loi 62. La porte-parole du PQ en matière de laïcité s’est rapidement inquiétée de la portée de cet amendement.

C’est qu’Agnès Maltais a avoué sans gêne avoir déjà refusé de rencontrer les Raéliens ou l’Église de scientologie, qu’elle qualifie de «sectes». «Pour ne pas les crédibiliser», a-t-elle précisé jeudi, lors de la poursuite de l’étude détaillée du projet de loi.

La ministre Vallée a toutefois confirmé ses craintes : décliner un entretien en se «fondant uniquement sur la base de la religion» irait à l’encontre du concept de neutralité religieuse prôné par le gouvernement libéral. «Le seul fait d’être croyant n’est pas un motif pour refuser une rencontre», a-t-elle précisé.

Les députés sont toutefois maitres de leur agenda et peuvent refuser des rencontres «pour d’autres raisons», explique Mme Vallée. L’objet de la rencontre pourrait notamment constituer un argument valable, a-t-elle illustré.

Rien pour rassurer les partis d’opposition. «Je suis très embêtée», a poursuivi Mme Maltais, refusant ne serait-ce que la possibilité d’être «poursuivie» si elle contrevenait à la loi en refusant de rencontrer des organisations religieuses. «Ça va très très loin sur la liberté d’action des parlementaires. Je trouve ça troublant», a renchérit pour sa part Nathalie Roy, de la CAQ.

Québec solidaire réclame de son côté des précisions afin d’éviter que des citoyens utilisent le projet de loi 62 pour tenter de blâmer des députés qui refuseraient des entretiens. «Il y a un flou qui n’est pas dissipé», déplore Gabriel Nadeau-Dubois.

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