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La Santé publique s’oppose aux élargissements d’autoroutes à Québec

 - Agence QMI

GEN-TRAFIC-QUÉBEC

STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Le directeur de la santé publique pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale demande à la Ville de Québec de «reconsidérer» les élargissements d’autoroutes pour freiner l’étalement urbain et la «dépendance à l’automobile».

«Il est bien démontré dans la littérature que l’augmentation de la capacité routière n’est pas une solution efficace aux problèmes de congestion. Au contraire, elle entraîne à moyen et long terme une augmentation du volume automobile sur le réseau routier et favorise l’étalement urbain, ce qui engendre de la congestion», peut-on lire dans le mémoire qui a fait l’objet d’une présentation, vendredi matin, à l’hôtel de ville dans le cadre des consultations sur la mobilité durable.

«En outre, ces projets (d’élargissement) auraient des impacts délétères sur la sécurité routière, les saines habitudes de vie, la pollution atmosphérique, les changements climatiques et la santé de la population», prévient le Dr François Desbiens, qui s’est penché sur les gestes à poser pour augmenter la part modale du transport collectif et les impacts des actions futures de la Ville sur la santé et la sécurité de la population.

Questionné spécifiquement sur les projets d’élargissement de l’autoroute Henri-IV, de l’autoroute Laurentienne et d’un troisième lien Québec-Lévis, le Dr Desbiens n’a pas voulu cibler un projet plus qu’un autre. «Tout ce qu’on dit, c’est que d’élargir les autoroutes en terme d’impacts sur la santé, ce n’est pas la voie à suivre», a-t-il précisé en mêlée de presse.

Limite de vitesse à 30 km/h

Toujours dans une perspective de santé publique, le Dr Desbiens recommande à la Ville de Québec d’abaisser les limites de vitesse à 30 km/h sur le «réseau de rues locales, en particulier dans les quartiers centraux».

«On aurait moins d’accidents et ceux-ci seraient moins sévères si on était à 30 km/h, ça serait plus sécuritaire», a-t-il plaidé.

Le directeur de la santé publique recommande aussi d’aménager des infrastructures «qui favorisent un partage sécuritaire de la route entre tous les usagers en tenant compte des besoins spécifiques des populations vulnérables, dont les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite».

«Tarification sociale»

François Desbiens a également proposé à la Ville de renforcer l’accès au transport collectif en mettant en place une «tarification sociale» pour les personnes à faible revenu ou les étudiants. «La tarification sociale actuellement en vigueur dans la ville de Calgary et la gratuité du transport en commun dans certaines municipalités en France et aux États-Unis sont des exemples qui peuvent enrichir les réflexions au regard des actions à mener», peut-on lire dans le mémoire.

Enfin, la Santé publique suggère à la Ville de faire la promotion du transport actif (vélo et marche) et du transport collectif en déployant une campagne de marketing social «visant le changement des comportements humains». Les statistiques les plus récentes démontrent que 77 % des déplacements quotidiens sur le territoire du Réseau de transport de la Capitale se font en automobile contre 9 % en transport en commun.

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