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Des Québécois constatent les dégâts

Catherine Montambault | Agence QMI

Une Montréalaise qui vit au Texas se désolait samedi de voir les locaux de sa future galerie d’art complètement inondés bien que l’œil de l’ouragan Harvey soit passé à plusieurs centaines de kilomètres de là.

«On n’aura pas d’autre choix que de retarder l’ouverture qui était prévue en septembre, c’est vraiment dommage», constatait avec regret Cynthia au bout du fil.

La femme de 26 ans vit depuis six ans à Denton, une ville située à environ 600 km de la région de Corpus Christi, où l’ouragan Harvey a touché terre vendredi soir. La même distance sépare Montréal de New York.

Pourtant, même en étant aussi éloignée, la municipalité de Denton a reçu assez de pluie pour que plusieurs résidences soient inondées.

«Aujourd’hui, on va aller essayer d’enlever l’eau, a expliqué celle qui préfère taire son nom de famille pour des raisons personnelles. Malheureusement, notre assurance pour la galerie d’art ne commence que le 1er septembre, alors on va devoir payer nous-mêmes pour les dommages.»

Magasins vides

Plus près de la tempête, à Houston, la situation est davantage inquiétante. Depuis quelques jours déjà, les magasins ont été complètement vidés par les citoyens soucieux de faire des provisions.

Julie Lepage, une femme originaire de Trois-Rivières qui vit au Texas depuis 14 ans, affirmait samedi qu’il ne restait plus aucune bouteille d’eau sur les tablettes depuis jeudi.

«Sur Facebook, les gens inscrivent les endroits où il reste encore un peu de nourriture. Heureusement, chez moi, j’ai assez de tout pour passer au moins une semaine», a raconté la mère de trois jeunes filles.

Dans le quartier résidentiel où habite Mme Lepage, l’eau recouvre déjà tous les terrains et elle s’est infiltrée dans de nombreuses maisons. Malgré tout, les résidents semblent refuser de quitter leur demeure.

«Plusieurs personnes ont placardé leurs fenêtres et il y en a qui ont installé des poches de sable tout autour de leur maison, a-t-elle mentionné. Mais la plupart des gens ne partent pas.»

Comme sa maison vient tout juste d’être construite et qu’elle est située plus en hauteur que celles de ses voisins, Julie Lepage ne craint pas l’inondation pour le moment.

Impacts économiques

Guillaum Dubreuil, directeur des affaires publiques à la Chambre de commerce du Canada, était en visite à Austin jusqu’à samedi. En discutant avec ses homologues américains, il a rapidement saisi l’ampleur de l’impact qu’aura le passage de Harvey sur l’économie du Texas.

«La région de Corpus Christi et de Houston est responsable d’environ un tiers de l’économie de l’État du fait de la production de pétrole et du port de Houston, a-t-il souligné. [...] Alors on parle de plusieurs millions, voire de milliards de dollars perdus en revenus.»

La catastrophe naturelle risque même d’avoir des conséquences au Québec puisque des entreprises appartenant à SNC-Lavalin sont basées à Houston et des firmes spécialisées dans le domaine pétrolier seront les premières touchées, remarque-t-il.

Une hausse du prix de l’essence est aussi à prévoir, même au Québec.

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