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La crise du verglas: Lucien Bouchard se souvient

TVA Nouvelles

Lucien Bouchard était premier ministre lorsqu'une importante tempête de verglas s'est abattue sur le Québec en janvier 1998. Près de 20 ans plus tard, l'homme se souvient des événements et de l'importance qu'a eue LCN lors de ce qu'il décrit comme étant une «crise d'une ampleur catastrophique».

«La crise du verglas est arrivée très soudainement, il n'y avait rien qui laissait présager ce qui est arrivé. [...] Je m'en allais en mission économique au Brésil et dans le sud. On est en fin d'après-midi, on roule vers Montréal sur la 40 et c'est un peu vilain; de la neige, de la pluie verglaçante. Et puis, tout à coup, ça se détériore très, très rapidement», se souvient M. Bouchard qui n'a eu d'autre choix que d'annuler son voyage.

L'ancien premier ministre raconte que les conséquences se sont très vite fait sentir et qu'on a passé bien près de voir la situation atteindre un seuil encore plus critique à Montréal.

«Il n'y avait pas d'énergie. Pas d'énergie, pas de chaleur, pas de télévision, pas de lumière... Finalement, il y a une menace très rapide qui a pesé sur l'eau potable parce qu'il y a un moment donné où la principale usine d'eau potable de Montréal a manqué d'électricité. On est tous devenus très inquiets pour la qualité de l'eau.»

«À l'époque, ce n'était pas évident pour un gouvernement souverainiste de demander l'armée canadienne. Je me rappelle avoir appelé M.  [le premier ministre Jean] Chrétien et de lui dire: «On veut l'armée.» On l'a eue et ça n'a pas été long», ajoute-t-il.

Malgré tout, Lucien Bouchard reste marqué par «l'incroyable solidarité» dont ont fait preuve les Québécois au cours de la crise du verglas.

«Sans qu'on le demande, il y a des gens des régions qui chargeaient leurs camions et leurs remorques de bois de chauffage et qui amenaient ça à Montréal», se souvient-il.

«Information cruciale»

Lucien Bouchard se rappelle à quel point des efforts considérables ont été déployés afin de bien informer la population sur l'évolution de la crise.

«On s'est rendu compte que l'information était cruciale. L'information en continu faisait partie de la gestion de la crise. [...] On voyait bien que ça allait durer longtemps. Il est apparu immédiatement la nécessité de communiquer avec les gens, de donner de l'information autant que possible en temps réel. Il n'y a rien de pire que l'ignorance. Quand on ne sait pas ce que fait le gouvernement, on pense qu'il ne fait rien», explique l'ancien premier ministre qui estime que l'arrivée de LCN a eu un impact concret sur la façon de faire de la politique.

«LCN a changé la façon dont on fait la politique. Parce que faire de la politique c'est d'abord communiquer avec les gens. [...] Quand s'installe dans la société un nouveau mode de communication qui est continu, avec lequel on peut rejoindre n'importe qui, n'importe quand, n'importe où. Ça, c'est fondamental. Ça nous a fait réaliser à quel point une information correctement divulguée, une population informée, peut améliorer la gestion de la chose publique», conclut Lucien Bouchard.

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