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Sommet des Amériques: Jean-François Guérin se souvient

TVA Nouvelles

C'était il y a 16 ans, mais Jean-François Guérin se souvient encore de cette fin de semaine d'avril alors que Québec accueillait le Sommet des Amériques, une rencontre qui a passé à l'histoire après que les images d'affrontements entre les policiers et les milliers de manifestants eurent fait le tour du monde.

«On s'attendait à quelque chose de gros, à beaucoup de manifestations, mais on ne s'attendait pas nécessairement à ce que ça commence comme ça. Je me rappelle, dès la première journée, j'étais peut-être à une cinquantaine de mètres du fameux mur qui donnait accès au périmètre et on sentait la tension monter. Il y avait de plus en plus d'agitation, des objets qui étaient lancés; j'avais reçu une rondelle de hockey derrière la tête. À un moment donné, tout a éclaté. Le mur est tombé et là c'était le free for all: les policiers partout, le gaz lacrymogène», raconte le journaliste, affirmant qu'il n'avait «jamais vu autant de gens en tenue antiémeute».

«Les affrontements se succédaient, ajoute Jean-François Guérin. Ce qui me revient particulièrement, c'est l'odeur du gaz lacrymogène. Je n'avais jamais expérimenté ça. On venait les larmes aux yeux, on étouffait, on devait continuer notre travail. Je me rappelle aussi des balles de caoutchouc. À un certain moment, une balle de caoutchouc est arrivée dans le pare-brise de notre camion de transmission. C'était un événement comme j'en ai rarement vu.»

Le journaliste longtemps affecté aux faits divers croit que la couverture de l'événement en direct a permis de bien faire sentir la «tension palpable» qui émanait de la Vieille Capitale.

«Je pense que les gens ont pu sentir, même s'ils étaient à des centaines de kilomètres, l'atmosphère qui se dégageait à Québec.»