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Procès de Guy Turcotte: Marie-Christine Bergeron se souvient

TVA Nouvelles

Peu de crimes ont autant marqué le Québec que les meurtres commis en 2009 par Guy Turcotte, cardiologue sans histoire, sur ses deux enfants de 3 et 5 ans.

La journaliste Marie-Christine Bergeron ne pourra jamais oublier l'instant où elle a annoncé sa culpabilité en ondes, au terme d'un difficile procès.

En 2015, la journaliste a été affectée à la couverture du deuxième procès avec son collègue Mathieu Belhumeur.

Jamais elle n'avait vu un procès aussi couru : des gens faisaient la file tous les jours pour entendre les témoignages de la mère des victimes, de spécialistes, de témoins.

La couverture des procédures n'est pas des plus faciles : ils croisent souvent l'accusé, en liberté à ce moment-là, ainsi que la mère des victimes.

«Ça a été un procès excessivement lourd, souligne la journaliste, elle-même mère de deux enfants de l'âge des victimes. Au-delà de l'objectivité journalistique, au-delà de ce qu'on peut dire en ondes, il y avait deux enfants tués par celui qui leur avait donné la vie. Il n'y a pas un journaliste au monde qui peut demeurer insensible à cette histoire atroce.»

Pendant 29 jours, les témoignages se succèdent, tout comme la présentation des preuves.

«Ce n'est pas évident ce qu'on a pu voir. Il y a des images qui ont été montrées aux jurés que j'aurais préféré ne jamais voir, des images qui restent en tête pour le reste de nos jours. Mais on a un travail à faire, au-delà de ça, pour aider les gens à comprendre.»

Commencent ensuite les délibérations, qui s'étirent sur sept longues journées.

«On se devait de tenir l'antenne, de faire des interventions, de dire aux gens ''Nous sommes sur place, en direct, et dès qu'il y a un verdict, vous allez être avisés rapidement''», raconte Marie-Christine Bergeron.

Elle ne pourra jamais oublier le 6 décembre 2015. Quelques minutes avant le bulletin du midi, les jurés annoncent qu'ils sont arrivés à un verdict. Marie-Christine Bergeron devait rester en ondes jusqu'à ce que son collègue l'avise du verdict. Elle l'avoue elle-même : ce seront les minutes les plus longues et les plus stressantes de sa carrière.

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Le verdict est finalement connu: coupable de meurtres au second degré.

«Quand c'est tombé, il y a eu ce soupir de soulagement quand les gens sont sortis sur la salle, se rappelle-t-elle. On a pu montrer en direct une mère soulagée : justice avait été faite pour elle.»

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