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Tremblement de terre en Haïti: Félix Séguin se souvient

TVA Nouvelles

Le 12 janvier 2010, le sol tremble violemment à Haïti.

En très peu de temps, les journalistes Richard Latendresse et Félix Séguin sont dans un avion en direction de la Perle des Antilles, où ils passeront le prochain mois à rapporter les conséquences du séisme. Une couverture qui les marquera.

Le duo de journaliste atterrit à Saint-Domingue et se sépare : Latendresse tentera de rallier Port-au-Prince par les airs, alors que Séguin se rendra par la route. Le premier réussit à embarquer dans le dernier aéronef disponible et s'envole en ne sachant même pas s'il pourra atterrir. Il se pose finalement à Haïti, et devient ainsi le premier correspondant canadien à être capable de diffuser en direct de Port-au-Prince.

Félix Séguin, pour sa part, s'entasse avec cinq autres personnes dans une fourgonnette. Des problèmes mécaniques et une crevaison ne l'empêcheront pas d'arriver à Haïti et de faire des directs via téléphone sur la route.

«La force de LCN dans la couverture du tremblement de terre à Haïti, c'était la manière de diffuser et la manière d'être rapide sur le terrain, souligne Félix Séguin. Chaque matin, on partait, caméra à la main, avec notre kit de transmission satellite. On était capable d'alimenter en temps réel tous les bulletins et toutes les émissions spéciales.»

Sur le terrain, les journées de travail ne sont pas faciles. Le duo choisit de tout montrer, sans filtre, pour refléter ce qui se passe vraiment à Haïti.

«Il y a eu des situations là-bas qui nous ont complètement soufflés, émotivement. On a vu des gens qui n'étaient devant rien. Certains vivaient dans l'indigence la plus complète et qui, en plus d'une situation très précaire, doivent eux-mêmes déterrer leurs morts ensevelis sous les gravats. Comme observateur pour LCN, il fallait le rendre le plus fidèlement possible.»

LCN est resté près d'un mois à Haïti. Pendant cette période, la situation s'est stabilisée, mais les émotions restent vives.

«On arrive près d'un orphelinat : une femme arrête près de nous et nous tend son enfant de cinq. Elle nous demande d'en prendre charge. J'ai pleuré», raconte Félix Séguin, encore ébranlé après toutes ces années.

«Ça n'appartient pas au réel, cette situation-là, se faire confier la garde d'un enfant parce que la personne n'est plus capable, n'a plus les ressources, les vacances, l'argent pour en prendre soin. Ça a été tellement important comme émotion, on avait de la difficulté à traiter cette histoire-là avec objectivité. On en devenait partie prenante», se remémore le journaliste.

Ils ont fait leur possible pour aiguiller la mère vers des ressources, comme un orphelinat. L'équipe de reportage a accompagné la mère toute la journée, jusqu'à ce qu'elle se sépare de son enfant.

Une histoire qui a marqué le journaliste, qui la raconte encore aujourd'hui avec un trémolo dans la voix.