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Fête de l’Aïd: Les musulmans de Québec refusent de céder à la peur

Dominique Lelièvre

 - Agence QMI

Annonce concernant le cimetiere de la communaute musulmane de Quebec, Boufeldja Benabdallah, Regis Labeaume, , Mohamed Labidi, president du Centre Culturel Islamique de Quebec, Salle de reception Hotel de ville, Quebec, 4 aout 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC

Les célébrations de l’Aïd, ou fête du sacrifice, avaient une connotation particulière vendredi pour les musulmans de Québec avec le regain des gestes haineux commis à leur égard.

Le climat de peur qui s’est installé après l’attentat de la mosquée de Sainte-Foy n’a pas empêché plus de 500 personnes de prier et de festoyer au complexe Honco de Charny à l’occasion de cette fête, la plus importante de l’année pour les musulmans.

L’incendie du véhicule du président du Centre culturel islamique de Québec au début du mois d’août laissait cependant plusieurs fidèles perplexes, à commencer par le cofondateur de l’organisme. «C’est comme si le drame du 29 janvier n’avait pas servi, et maintenant, on se tourne vers les leaders de la communauté», a déploré Boufeldja Benabdellah, tout en formulant le souhait que «la paix soit retrouvée dans cette ville».

Incompréhension

Les fidèles étaient également unanimes à déplorer l’augmentation des crimes haineux commis à Québec, qui ont doublé de 2015 à 2016. «Je suis à Québec depuis 45 ans et je n’ai jamais vu ça. Je ne peux pas vous dire qu’on se sent très, très bien. Notre crainte et notre insécurité ont augmenté», s’est désolé l’un d’eux, Hassan Douahi.

«Je ne comprends pas comment ça se fait qu’on en est rendu là dans la société québécoise», a-t-il commenté, tout en affichant sa confiance auprès des autorités qui «font tout le nécessaire pour essayer de diminuer ces problèmes».

«On sent le regard des gens, il y a un climat de méfiance qui s’est installé», a pour sa part témoigné Hassan Doualeh, tout en précisant que seule une minorité de personnes pose problème.

«C’est certain que c’est très inquiétant. On ne peut plus parler de gestes isolés quand on voit une escalade [...]. Je pense qu’il faut que les gens côtoient la communauté musulmane et apprennent à la connaître, parce que je pense que c’est une peur de l’inconnue», tentait d’expliquer Filip Novakovic, l’attaché politique de Joël Lightbound qui était retenu à Alma en raison du caucus de son parti.

Escouade spécialisée

L’idée de créer une escouade spécialisée contre les crimes haineux, que le maire Labeaume a écarté, fait du chemin parmi les membres de la communauté musulmane, mais personne n’y voyait, vendredi, une solution miracle.

S’il s’est montré intéressé, Boufeldja Benabdellah a surtout insisté sur l’urgence d’agir pour faire baisser les tensions. «Les chiffres sont patents, donc la classe politique doit se rendre compte que les chiffres sont là et qu’il faut qu’on mette en place des outils», a affirmé M. Benabdellah.

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