/news/world

«SVP, venez nous chercher», implore un vacancier québécois

TVA Nouvelles

Un groupe de Québécois en vacances à Saint-Martin vit des moments angoissants à l’approche de l’ouragan Irma, qui menace les îles du nord des Caraïbes.

Les vacanciers ont reçu des mises en garde de l’hôtel où ils logent, le Sunesta Maho Beach, en prévision du passage de l’ouragan de catégorie 3, qui pourrait atteindre la catégorie 4 mardi ou mercredi.

«Nous sommes laissés à nous-mêmes. C’est sûr qu’on se sent angoissés, confie Nicolas Gravel en entrevue à LCN via Skype à partir du hall d’entrée de leur hôtel.

Lui et les sept ou huit autres Québécois qui l’entouraient étaient dans le néant et attendaient des nouvelles, lundi dans le courant de l’après-midi, du grossiste Sunwing, avec qui ils ont fait affaire pour leur voyage.

«On devra quitter l’hôtel, car ils ne s’occuperont pas de nous. On devra aller dans les montagnes, se déplacer dans les bunkers en haut», relate M. Gravel, qui nous a contacté via la page Facebook TVA Nouvelles.

Il y a deux jours, il a appelé Sunwing pour tenter d’en savoir davantage. «Mais ils ne peuvent pas nous en dire plus. On ne sait pas trop quoi faire.»

Évacuation

L’hôtel leur a transmis des feuillets pour les inviter à faire des provisions, puis il a été question d’une évacuation.

«Nous avons aussi envoyé des courriels au consulat, parce qu’on ne savait pas où aller, vu qu’on n’avait pas l’aide de Sunwing. Mais on n’a pas plus d’information.»

«Nous nous sommes réunis, un groupe de Québécois, et on regarde nos possibilités, mais on n’en a pas vraiment. On a voulu aller prendre d’autres vols, mais il n’y en a aucun de disponible, au Canada, aux États-Unis, la France, l’Europe...»

Aéroport fermé

Pendant ce temps, Irma poursuit sa progression. Selon les informations reçues par le groupe de Québécois, l’ouragan devrait frapper mardi soir.

«L’aéroport sera fermé mardi à 14h, et par la suite, c’est dans la nuit de mardi soir [que l’ouragan se manifestera]», explique M. Gravel.

Les vacanciers québécois pris à Saint-Martin n’ont pas été informés quant à un refuge désigné et espèrent que le grossiste les «prendra en considération» et devancera leur vol de retour.

«Ils ont jusqu’à 14h demain pour le faire. On leur dit: SVP, venez nous chercher, on est prêts à vous payer, on vous attend», conclut le Québécois, qui a tout de même eu le temps de prendre un peu de soleil, comme en fait foi son teint basané.

Des avions mobilisés

Il semble que leur détresse ait été entendue, puisqu’en fin d’après-midi, lundi, les vacanciers québécois du Sunesta Maho Beach avaient reçu de bonnes nouvelles. Un avion de retour pour Montréal et un autre pour Toronto devraient partir mardi de Saint-Martin, «avant 14h», indique Nicolas Gravel, dans un message Facebook à TVA Nouvelles.

Une autre Québécoise en vacances à Saint-Martin, Marie-Michèle Faucher, qui séjourne au Riu Palace, a aussi communiqué avec nous par le biais des réseaux sociaux pour «confirmer que Sunwing envoie deux avions pour nous rapporter à Montréal et Toronto.» Selon les informations qu'on lui a transmises, le vol pour Montréal est prévu mardi matin à 8h50.

«Je confirme également que les représentants de Sunwing se sont démenés pour toujours nous donner l'heure juste et que nous nous sentons en sécurité ici à l'hôtel», a écrit Mme Faucher, qui affirme se sentir tout à fait en sécurité dans son hôtel.

Une Québécoise aux Îles Vierges

Pendant ce temps, non loin de Saint-Martin, la population des Îles Vierges américaines, situées entre la mer des Caraïbes et l'océan Atlantique, à environ 80 km à l'est de Porto Rico, se prépare fébrilement à l’arrivée d’Irma.

«C’est le calme avant la tempête, littéralement, car il fait beau et chaud comme d’habitude, il y a juste un peu plus de vent, mais on ne peut pas vraiment sentir les effets, explique Alexandra de Moor, une Québécoise en voyage aux Îles Vierges américaines en lien avec ses études.

Les résidents ont pris d’assaut les magasins afin de faire leurs provisions et de se procurer «tout ce qui est nécessaire pour pouvoir survivre sans électricité pendant quelques jours».

 

«Montagnes russes»

«C’est les montagnes russes dans ma tête en ce moment, témoigne-t-elle. À certains moments, je me sens très bien, et à d’autres moments, j’ai juste envie de prendre un billet d’avion et de m’en revenir au Québec.» Une option impossible, a-t-elle vérifié, aucun billet d’avion pour sortir de l’île n’étant disponible. «Je suis pris ici!»

La Québécoise observe deux types de réactions parmi la population locale. «La moitié des gens sont super stressés, très apeurés par ça, et l’autre moitié des gens sont très calmes et nous disent qu’on n’a pas à s’inquiéter.»

Heureusement, les Îles Vierges américaines se trouvent en périphérie de la trajectoire projetée de l’ouragan et devraient donc éviter le pire des dommages.

Alexandra de Moor, qui nous a elle aussi contactés via la page Facebook TVA Nouvelles, a décidé de quitter le campus pour aller habiter dans la maison d’un ami, qui est située à flanc de montagne. «On va barricader les vitres chez lui et on va attendre que ça passe.»

Dans la même catégorie