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L'ouragan Irma s'approche des Antilles avec des rafales à 360 km/h

Agence France-Presse

Écoles et administrations fermées, populations du littoral évacuées: de puissance 5, avec des rafales à 360 km/h, l'ouragan Irma menace mercredi les petites Antilles françaises, désormais en vigilance rouge, mais aussi Porto Rico, les Iles Vierges et la Floride, placés en situation d'urgence.

«Avec ses vents maximums de 295 km/h près de son centre et des rafales à 360 km/h (Irma) constitue un phénomène extrêmement dangereux», a insisté le dernier bulletin des services de Météo France, mardi soir, soulignant qu'il fallait remonter à 1988 et l'ouragan Gilbert pour avoir des valeurs de vents comparables.

Irma est devenu «un ouragan potentiellement catastrophique» de catégorie 5, la plus élevée, avait annoncé le Centre américain des ouragans (NHC) dans un bulletin à 18h00 GMT, pressant pour une accélération des préparatifs.

Barbuda, Antigua puis l'île française de Saint-Barthélémy, Saint-Martin (Française au nord, Néerlandaise au sud) et Anguilla seront très probablement impactées par la zone intense du phénomène dans la nuit de mardi à mercredi, avec des vents violents et destructeurs, et des pluies diluviennes.

Selon Météo-France, «il est possible que l'oeil du cyclone passe directement» sur Saint-Martin ou Saint-Barthélémy en fin de nuit et courant de matinée» mercredi, heure locale.

Les autorités françaises des deux îles les avaient placées mardi en alerte rouge cyclonique, synonyme de confinement de la population, avant un passage en violet (le plus haut niveau de vigilance) attendu dans la nuit de mardi à mercredi. Ce niveau impose le confinement total de la population en raison du risque cyclonique certain.

Anne Laubies, préfète déléguée des deux îles, a «ordonné» mardi soir aux personnes habitant au plus près de la mer, dans des zones facilement inondables et/ou soumises à la houle marine, de se réfugier dans des lieux sûrs, des logements situés à l'étage, ou dans les abris cycloniques et les centres d'hébergement mis en place.

«Les risques d'inondation, de houle cyclonique et de vents violents sont absolus», a-t-elle mis en garde: «Leur vie est en danger s'ils ne se mettent pas à l'abri rapidement dans des endroits sécurisés».

Dans ces deux îles, ainsi qu'en Guadeloupe qui, comme la Martinique, devrait être affectée, selon le gouvernement français, les écoles sont fermées au moins jusqu'à mercredi inclus. Les administrations publiques le seront aussi mercredi.

Là aussi, la population s'est approvisionnée en eau, nourriture et piles. «Ca commence à être la pénurie», a expliqué Olivier Toussaint, 41 ans, à Saint-Martin, joint au téléphone par l'AFP, en faisant part d'une inquiétude grandissante.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a indiqué de son côté se préparer à répondre aux désastres potentiels.

«L'un de nos plus grands défis va être logistique, étant donné l'isolement de certaines îles», a souligné dans un communiqué Walter Cotte, directeur pour les Amériques.

Dans la partie néerlandaise de Saint-Martin (Sint Maarten), des militaires basés à Curaçao et Aruba sont arrivés lundi en renfort, ainsi que dans les îles voisines de Saint-Eustache et Saba, a indiqué le ministre de la défense néerlandais. Deux navires, dont l'un équipé d'un hélicoptère, ont également été envoyés sur place.

L'oeil devrait ensuite prendre le chemin des îles Vierges britanniques, puis mercredi soir, atteindre Porto Rico, territoire américain de 3,5 millions d'habitants, où la tempête devrait passer au nord de la ville de Fajardo et des petites îles de Culebra et Vieques, à l'extrême est.

Sheilyn Rodríguez, 33 ans, habitante de Rio Grande (nord-ouest), se souvient encore avec angoisse du passage de Hugo, qui avait fait 12 morts à Porto Rico en 1989, même si elle était très jeune à l'époque: «J'ai très peur pour mon enfant», explique-t-elle, au sujet de son fils de neuf ans.

Le directeur général de l'Autorité publique de l'énergie électrique (AEE) de Porto Rico, Ricardo Ramos, s'attend à ce qu'Irma prive de courant des régions entières, parfois pendant «trois ou quatre mois».

Toujours à Porto Rico, le gouverneur Ricardo Rossello a mobilisé la garde nationale et annoncé l'ouverture d'abris capables d'héberger plus de 63 000 personnes.

La trajectoire est encore incertaine, mais plusieurs projections placent ensuite le passage d'Irma sur la République dominicaine, Haïti et Cuba. L'ouragan pourrait atteindre vers la fin de la semaine la Floride.

L'ouragan, qui se déplace à 22 km/h, est désormais plus puissant que les ouragans Luis (1995 St-Martin) ou Hugo (1989 Guadeloupe, 15 morts). Il est aussi plus puissant que Harvey, qui a récemment frappé le Texas et la Louisiane, faisant au moins 42 morts et plus de 100 milliards de dégâts matériels.

Le gouverneur de Floride, Rick Scott, a déclaré que son État était en situation d'«urgence».

«Nous ne connaissons pas le trajet exact d'Irma, mais des conséquences majeures sont potentiellement possibles et nous ne pouvons pas attendre pour prendre des actions de préparation» fortes, a-t-il déclaré.

Les touristes à Key West, une station balnéaire très prisée de l'archipel des Keys, ont reçu mardi un ordre d'évacuation, qui devrait être rapidement étendu aux habitants.

Les cours du jus d'orange s'envolaient mardi en Floride, plus gros producteur des États-Unis.

Le passage d'Irma sur les Caraïbes pourrait au total affecter des centaines de milliers d'enfants et leurs familles, selon un communiqué de l'Unicef mardi soir, et provoquer des «dégâts dévastateurs».

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