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Vent de panique en Floride

Les Floridiens fuient par tous les moyens leur État qui sera frappé dès samedi par l’ouragan Irma, annoncé comme destructeur.

«On essaie de sauver notre peau», lance Louise Gaudreault qui a quitté mercredi sa maison de Lake Park, près de West Palm Beach.

En voyant les images des dégâts d’Irma dans les Antilles, la Québécoise n’a pas hésité à prendre la route avec son mari. Le couple s’est d’abord dirigé vers Orlando, plus au nord.

«Ça a été l’enfer sur la route, tout le monde fuit. On était pare-chocs à pare-chocs sur l’autoroute 95, pendant 5 h 30, alors que ça nous prend 2 h 30 d’habitude pour faire ce trajet», dit Mme Gaudreault.

Des milliers de résidents de la Floride se dirigent vers le nord, alertés par les médias annonçant une catastrophe sans précédent.

 

Évacuations et pénurie

L’ouragan va «être réellement destructeur», a mis en garde jeudi, sur CNN Brock Long, le chef de l’agence américaine des situations d’urgence. L’œil du cyclone et ses vents de près de 300 km/h devraient toucher le sud de la Floride dès samedi [demain].

À Miami, la plupart des magasins ont barricadé leurs portes et l’armée sillonne les rues du centre-ville.

Jeudi, le maire du comté de Miami-Dade, Carlos Gimenez, a ordonné l’évacuation de 650 000 personnes, rapportent plusieurs médias locaux. Un peu plus tard, les États de la Géorgie et de la Caroline du Sud ont à leur tour donné l’ordre d’évacuer les zones côtières, du côté des villes de Savannah et Charleston. En fin de journée, 31 000 personnes avaient déjà quitté l’archipel des Keys.

Au total, plus d’un million de personnes sont affectées par ces mesures préventives.

Mme Gaudreault a vite réalisé qu’un vent de panique s’était emparé de la Floride. Arrivée à Orlando, elle a eu du mal à faire le plein d’essence. «La première station était vide, plus une goutte. Heureusement, on en a trouvé une qui en avait encore. On a rempli un bidon de 16 litres au cas où», dit-elle.

Vols rares et chers

Malheureusement pour le couple québécois, Orlando n’est pas la fin de leur périple. «On pensait y être en sécurité pour au moins deux nuits, mais là on voit que l’ouragan avance droit sur nous, dit-elle. Alors, on est parti ce matin [jeudi] pour Atlanta et on ne sait pas si ce sera suffisant.»

«C’est la totalité du sud-est des États-Unis qui doit évacuer et faire attention», insiste M. Long.

À mesure que le temps passe, l’évacuation massive se complique, et pas seulement sur la route. «Mon mari et moi partons demain [vendredi], dit Denise Dumont, rédactrice en chef du «Soleil de la Floride». Ça n’a pas été simple de trouver un vol parce que tout est complet.»

Impossible de se rendre vers une destination de la côte Est, et même vers l’ouest, Mme Dumont a constaté qu’il n’y avait plus que des billets à plus de 2000 $ de disponibles depuis Miami, Fort Lauderdale ou West Palm Beach. Finalement, elle a trouvé des billets pour le Colorado à partir de Tampa Bay.

Du jamais-vu

La journaliste dit avoir couvert plusieurs ouragans au fil des années, mais rien de comparable avec Irma. «C’est un monstre qui fait 400 milles [650 km] de large. L’État au complet va y goûter», avance-t-elle.

La Floride a d’ores et déjà ordonné l’évacuation des maisons mobiles, dans lesquelles de nombreux Québécois vivent. «C’est du jamais-vu, dit Mme Dumont. Lors de l’ouragan Matthew, l’an dernier, l’évacuation était seulement recommandée.»

Avant de partir, la Québécoise a rentré son mobilier d’extérieur, baissé ses volets anti-ouragan, scellé ses portes, coupé l’eau et l’électricité. «On espère que les vents n’arracheront pas la maison au complet», dit-elle.

Pour le moment, Mme Dumont compte passer une semaine à l’abri avant de revenir. «Mais si la tempête ravage tout, ce n’est peut-être pas la peine de revenir trop vite.»

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