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Dernières heures en Floride pour fuir ou rester

Sébastien Blanc et Nicolas Kamm et Diane Desobeau | Agence France-Presse

Sur l'autoroute 75 bordant la façade maritime occidentale de la Floride, une zone désormais directement menacée par l'ouragan Irma, un flux régulier de voitures évacuait samedi des milliers d'habitants cherchant refuge vers le nord.

Ils partaient incités ou forcés par les autorités. Les véhicules étaient remplis d'affaires assemblées à la hâte et tractaient parfois une remorque chargée d'objets à forte valeur sentimentale.

Sur les aires de repos --en fait des immenses centres commerciaux qui se ressemblent à travers tous les États-Unis-- un silence inhabituel régnait.

Les fast-foods étaient fermés, les parkings étaient vides, les grandes enseignes comme Best Buy ou Target gardaient également leurs portes closes.

Bloquant l'entrée d'un hypermarché Walmart, des files de chariots emboîtés offraient l'image d'une barricade un peu dérisoire.

Et puis il y avait ceux déterminés à rester, comme Kathy Jontrell, une femme de 47 ans.

«J'ai acheté des piles, de la nourriture, des en-cas, de l'eau, j'ai fait le plein de mon réservoir d'essence, de quoi tenir au moins une semaine», disait-elle.

«J'ai aussi acheté un sifflet, comme cela si on se retrouve inondé on peut appeler à l'aide», ajoutait la mère de famille.

Non loin de l'autoroute près de Sarasota, un couple s'activait à fixer un grand panneau de bois sur le toit de leur 4x4.

Une pièce qu'ils avaient ensuite prévu de fixer sur une fenêtre exposée de la maison de la mère de Derya Wiegand.

«Je suis dans un état de nervosité extrême», confiait cette femme aux yeux cachés par des lunettes de soleil.

«Cela fait 20 ans que je vis ici et on a jamais eu un cyclone comme celui-ci», poursuivait-elle, l'ouragan Irma devant frapper la région aux premières heures de dimanche.

La famille débattait encore de la nécessité de se réfugier dans un abri ouvert par les autorités.

«Je n'aime pas l'idée d'être bouclé. Je préfère être sur le pont chez nous», assurait Adam Wiegand, solide gaillard à la barbe rousse.

Un des trois enfants du couple devait fêter son anniversaire dimanche.

«Il est né durant l'ouragan Ivan, il y a 13 ans, alors pour nous 13 est un nombre porte-malheur», reprenait Derya.

«Ce que je redoute le plus, ce sont les inondations consécutives, après avoir vu celles de l'ouragan Harvey au Texas, que notre toit de notre maison soit arraché... Je suis terrifiée», se désolait elle enfin.

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