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Ouragan: la problématique, ce sont les projectiles, dit un ingénieur

Agence QMI

Tous les bâtiments qui ont été construits en Floride après 1992 devraient théoriquement résister à des vents de 250 km/h, mais le vrai problème ce sont les impacts des projectiles soulevés par les ouragans, a soulevé samedi l’ingénieur en structures Stéphane Rivest.

Le code du bâtiment dans cet État américain a été changé après l’ouragan Andrew qui, il y a 25 ans, avait fait 65 morts et d’importants dommages, a rappelé l’ingénieur en entrevue à LCN.

Beaucoup d’anciens bâtiments ne respectent toutefois pas les nouvelles normes, a-t-il spécifié.

Ces normes permettent notamment aux bâtiments et autres gratte-ciel de faire face à des vents atteignant 250 km/h.

«Théoriquement, tous les bâtiments qui ont été construits après 1992 doivent résister à ces vents-là», a dit le spécialiste.

L'ouragan Irma qui fonce vers la Floride était classé samedi matin en catégorie 4, avec des vents de près de 240-250 km/h par le Centre national des ouragans (NHC).

«La seule problématique, c’est qu’on peut résister aux vents, mais [pas forcement aux] impacts de projectiles que l’ouragan peut soulever», a expliqué l’ingénieur.

«Tant que l’ouragan reste en mer, il n'y a pas beaucoup d’objets qui peuvent être soulevés à part quelques bateaux peut-être», a-t-il poursuivi.

«C’est pour ça que les autorités demandent toujours aux gens de ne rien laisser à l’extérieur des bâtiments parce que l’ouragan va les soulever et les envoyer dans les airs et en faire des projectiles qui seront lancés à des vitesses de 250 km/h», a expliqué M. Rivest, qui est président de la firme de génie-conseil en structures Bureau d'études spécialisées.

Lorsque les constructeurs font des tests sur les vitrages, les revêtements extérieurs et les puits de lumière, «le design d’impact, c’est un morceau de 2x4 de 9 lb de poids qui vole à une vitesse de 55 km/h», a mentionné Stéphane Rivest.

Dans le cas des ouragans avec des vitesses de vents de 250 km/h, avec des arbres arrachés, «les poids sont supérieurs à 9 lb [...] et c’est là que ça devient très destructeur», a-t-il précisé.

Pour les condos au bord de l’eau, l’inquiétude est similaire. «Quand l’ouragan rentre dans les terres et soulève plusieurs objets, ils deviennent des projectiles et il n’y a pas beaucoup de fenêtres qui peuvent résister.»

L’ingénieur soutient que la conception ne peut pas tenir compte de toutes les forces d’impact, sinon «désigner un bâtiment» ne serait plus rentable.

Dans le cas des maisons mobiles, la situation est pire. «Il n’y aura plus grand-chose après le passage de l’ouragan. [Avec des vents de 250 km/h], ils vont se faire soulever. On va les retrouver à des centaines de mètres plus loin», a-t-il dit.

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