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Après le passage de l’ouragan, des Québécois craignent les pillards

Antoine Lacroix | Agence QMI

Des Québécois prisonniers de l’île de Saint-Martin après le passage de l’ouragan Irma attendent d’être secourus par le gouvernement canadien et se préparent à se défendre contre les pillards qui rôdent dans les rues.

« Mon cousin n’est pas du genre à s’alarmer, mais il a très peur en ce moment, raconte Marie-Hélène Charron, qui tente par tous les moyens de faire évacuer sa famille. Dans les rues, l’ambiance est hostile et agressive. Des gens s’entretuent pour des choses aussi inutiles qu’une télé. »

Les autorités tentent de reprendre le contrôle dans les rues de Saint-Martin, avec les nombreux pillards qui s’attaquent aux magasins encore debout après le passage de l’ouragan.

Le Figaro affirme que des gens ont même utilisé une voiture pour défoncer une épicerie asiatique afin d’aller voler les denrées à l’intérieur, tandis que Le Parisien soutient que plusieurs coups de feu ont été entendus.

Depuis plusieurs jours, Mme Charron vit des heures d’angoisse en attendant d’avoir des nouvelles de sa tante Isabelle Gagné, son oncle Guillaume Théberge et ses cousins Jérémie et Gabriel Gagné, qui vivent depuis près d’un an sur l’île de Saint-Martin.

Pas rassurant

Elle a enfin obtenu un signe de vie samedi, mais les nouvelles ne sont pas aussi rassurantes qu’elle le souhaiterait.

« Ils sont passés à travers l’ouragan, leur maison est toujours debout. Mais ça devient presque une invitation pour les pillards. Ils doivent donc être très discrets. [...] Ils se sont barricadés à la nuit tombée, pas question de sortir », poursuit-elle, bien inquiète parce qu’elle ne savait pas s’ils avaient des objets pour se protéger.

Avec assez de vivres pour un maximum d’une semaine, les Québécois espèrent revenir au Canada le plus rapidement possible en raison du danger des pillards.

 « Ils disent qu’ils n’ont plus rien à faire à Saint-Martin, ils veulent simplement revenir », lance-t-elle.

« Jérémie a marché pendant quatre heures jusqu’à l’aéroport et on l’a reviré de bord parce qu’on évacuait seulement les Américains. Pourquoi le gouvernement n’organise-t-il pas une opération de sauvetage comme ça, avant que l’ouragan Jose ne fasse des siennes ? Ce sont des nôtres qui ont besoin d’aide », s’insurge Marie-Hélène Charron. De son côté, Affaires mondiales Canada a invité les Canadiens à rester en lieu sûr jusqu’à ce que les conditions soient sécuritaires.

« Ça cause des frustrations, car ils veulent partir. Mais si les conditions ne le permettent pas, nous ne l’encourageons pas », a indiqué samedi Stefanie McCollum, directrice des interventions d’urgence

Mesures fortes

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a averti les auteurs de pillages que la police et l’armée étaient prêtes à agir si nécessaire. « Les pilleurs doivent réaliser que le personnel de la défense est prêt à prendre des mesures fortes », a-t-il dit.

M. Rutte s’est cependant refusé de préciser quels ordres spécifiques les quelques centaines de soldats et de policiers déployés dans la partie néerlandaise de l’île avaient reçus pour empêcher les pillages.

Il a reconnu que les pillages n’étaient toujours pas « sous contrôle », soulignant que les circonstances étaient « compliquées ».

Quelque 230 soldats néerlandais se trouvent sur l’île et une centaine d’autres doivent y arriver d’ici lundi.

– Avec l’AFP

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