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Des Québécois fuient Cuba sur le dernier vol

Catherine Montambeault | Agence QMI

Des Québécois qui ont réussi de justesse à monter dans le dernier avion en partance de Cuba samedi sont revenus soulagés d’avoir fui l’ouragan à temps, mais frustrés d’avoir été laissés à eux-mêmes.

Plusieurs passagers du vol de Sunwing n’ont passé que deux jours de vacances sur la plage avant d’être évacués. Ils reprochent à la compagnie aérienne d’avoir tout fait pour qu’ils s’envolent vers le Sud malgré l’arrivée imminente d’Irma.

Voyez dans la vidéo ci-dessus notre journaliste Richard Olivier à la rencontre de voyageurs de retour à Montréal.

Simon Duquette et Marie-Claude Alain sont parmi eux. Arrivés à Cayo Coco mardi dernier, les amoureux ont dû faire neuf heures d’autobus jusqu’à Varadero jeudi puisque l’ouragan Irma se dirigeait vers eux. Ils ont ensuite attendu, barricadés dans un hôtel, jusqu’à samedi.

« On est épuisés, ça fait deux jours qu’on n’a pas dormi, a raconté Mme Alain en arrivant à Montréal. On avait vraiment peur pour nos vies. »

Le couple de Blainville estime avoir pris toutes les précautions nécessaires avant son départ pour Cuba.

« Avant de partir, on était vraiment réticents, a mentionné M. Duquette. On s’est informés à Sunwing, mais ils nous ont dit qu’il n’y avait que 1 % de chances que l’ouragan vienne à Cayo Coco, et que si c’était le cas, ils nous trouveraient un avion tout de suite sans problème. Ils ont joué avec notre sécurité. »

« Panique totale »

M. Duquette et Mme Alain disent avoir eu beaucoup de difficulté à trouver des billets de retour pour eux, leur garçon de deux ans et leur fillette de sept mois. Une fois à l’aéroport, la famille a d’ailleurs bien failli se retrouver coincée sur place.

« C’était la panique totale, a indiqué Simon Duquette. Quand on est arrivés pour entrer dans l’avion, ils nous ont dit qu’il n’y avait plus de place. Il a fallu qu’on dise qu’on avait deux enfants pour qu’ils nous laissent monter. »

« On a vraiment été les dernières personnes à pouvoir partir », a-t-il ajouté.

Selon l’homme de 33 ans, environ 300 Québécois étaient toujours à l’aéroport de Varadero samedi matin. Tous les autres vols à destination de Montréal ont été annulés par la suite puisque l’aéroport a dû être fermé.

Sunwing a indiqué par courriel au Journal que 17 vols de secours ont été déployés vers Cuba jusqu’à maintenant. La compagnie aérienne a fait transporter des voyageurs en autocar de Varadero jusqu’à La Havane où trois vols spéciaux devaient décoller. Un seul de ces vols se retrouvait toutefois sur le site de l’aéroport Pierre Elliott Trudeau en soirée.

Manque de communication

Pendant ce temps, Sophie Bourassa attendait nerveusement sa mère et sa sœur. Lorsqu’elle les a aperçues à travers les portes vitrées du terminal, elle s’est précipitée vers elles avant de les enlacer longuement en pleurant.

« Ç’a tout pris pour qu’on leur trouve un billet de retour, a déploré la femme de Trois-Rivières. J’étais rendue que je suivais l’ouragan 24 heures sur 24. Je capotais ! »

C’est avec émotion que Sophie Bourassa a retrouvé sa sœur Josée et sa mère Bibiane à l’aéroport. Une bonne amie de la famille, France Biron, était tout aussi soulagée.

CATHERINE MONTAMBEAULT/AGENCE QMI

C’est avec émotion que Sophie Bourassa a retrouvé sa sœur Josée et sa mère Bibiane à l’aéroport. Une bonne amie de la famille, France Biron, était tout aussi soulagée.

Sa sœur, Josée Bourassa, estime que Sunwing aurait dû communiquer davantage avec leurs clients.

« On ne recevait presque aucune information là-bas, a dit la femme de 51 ans. On dirait qu’ils ne voulaient pas nous inquiéter, mais on aurait aimé mieux qu’ils nous disent la vérité. »

 

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