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Des rescapés aux Antilles rapatriés vers l'Europe par avion militaire

Agence France-Presse

Les gouvernements français et néerlandais, critiqués sur le retard des opérations, ont commencé lundi à rapatrier vers l'Europe les touristes frappés par l'ouragan Irma dans les Antilles.

Un avion militaire, qui a décollé de l'île française de Guadeloupe avec 278 personnes à bord, «principalement des blessés légers ou des personnes qui ont été choquées», selon les autorités, a atterri dans l'après-midi à l'aéroport parisien de Roissy.

Un autre transportant 100 rescapés depuis l'île néerlandaise de Curaçao est arrivé à Eindhoven (sud des Pays-Bas) à 13h30 GMT.

L'ouragan a «entièrement détruit l'île», a expliqué à l'AFP Clara James, 30 ans, une habitante de Rotterdam qui était venue voir sa famille à Saint-Martin, côté néerlandais.

La jeune femme, qui venait d'atterrir à Eindhoven avec ses enfants, a raconté des scènes effroyables: «Tout est marron, cela ressemble littéralement à une zone de guerre. Et au coucher du soleil, à la tombée de la nuit, les gens commencent à voler. Car ils n'ont plus rien, leurs maisons sont détruites, des gens sont morts, électrocutés.»

Témoignage similaire à l'aéroport parisien de Roissy, où Dominique, habitante depuis dix ans de Saint-Martin qui se trouvait en France au moment de l'ouragan, est venue chercher sa petite-fille de 15 ans.

«Tout le monde essaie de fuir, c'est une terreur là-bas», a-t-elle expliqué. Sa petite-fille «a vu des gens en armes tirer sur des gens. Elle est traumatisée et il n'y a pas eu de soutien psychologique».

Elle se dit «révoltée» contre le gouvernement. «La population n'a pas eu de secours. Ils ont été obligés de s'organiser en milices et se relayer pour pouvoir se défendre. Tout a été saccagé par les pillages. (...) Tous les gangs sont venus côté français pour saccager avec des fusils, des machettes jusque dans les habitations. C'est un chaos incroyable.»

Comme Paris, où l'opposition a multiplié les critiques sur un manque de prévoyance du gouvernement, La Haye a été accusé d'avoir tardé à réagir au passage dévastateur d'Irma.

«Ils ont réagi trop tard. Les Français ont été beaucoup plus rapides à évacuer les gens de Saint-Martin», a regretté Kitty Algra, interrogée par le quotidien néerlandais AD.

Cette touriste appartenait au premier groupe de 55 Néerlandais évacués de l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin vers Curaçao.

Elle s'est dite choquée par la violence et les pillages qui ont suivi le passage de l'ouragan. «Juste après le cyclone, les gens déambulaient armés de battes de baseball.»

Des Britanniques bloqués dans les Caraïbes ont également dénoncé lundi une réponse insuffisante de leur gouvernement.

«Rien ne se passe», s'est emporté lundi sur la BBC Geoffrey Scott Baker, dont la fille, Amy Brown, se trouve actuellement à Saint-Martin, non loin des îles Vierges britanniques.

«Il semblerait que tous les États soient capables d'évacuer leurs citoyens, sauf le Royaume-Uni, qui ne fait absolument rien sur le terrain», a-t-il ajouté.

«Je peux vous assurer que nous faisons tout ce qu’il est possible de faire afin d'aider les ressortissants britanniques», a déclaré à la BBC le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Un total de 88 000 Britanniques vivent dans la région des Caraïbes dévastée par l'ouragan.

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