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Macron et le roi des Pays-Bas aux Antilles pour apaiser la colère

Jérôme Rivet et Jacques Klopp | Agence France-Presse

Le président français Emmanuel Macron et le roi des Pays-Bas se sont rendus mardi dans les îles antillaises dévastées par l'ouragan Irma pour constater l'ampleur «inédite» des dégâts et tenter d'apaiser la colère des habitants sur l'organisation des secours.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, était lui attendu dans les îles Vierges britanniques et à Anguilla, alors que Londres aussi est pointé du doigt sur sa gestion de la catastrophe qui a fait au moins 40 morts aux Caraïbes et en Floride.

Les gouvernements français, néerlandais et britannique sont accusés d'avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur les îles, plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l'ouragan, rétrogradé depuis en tempête tropicale.

À son arrivée à Pointe-à-Pitre, sur l'île française de Guadeloupe, Emmanuel Macron a défendu l'action de l'exécutif en affirmant que «l'anticipation a été complète». Le gouvernement «a répondu dès que l'information a été donnée, donc plusieurs jours avant, et constamment tout au long de cette crise», a-t-il assuré.

Il s'est dit «favorable» à la création d'une commission d'enquête parlementaire réclamée par plusieurs partis d'opposition. Mais «le temps est à l'union nationale», «soyons dignes», a insisté M. Macron, qui a ensuite rejoint en hélicoptère l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin.

À Saint-Martin, la population se pressait à l'aéroport pour quitter l'île, mécontente de la suspension des rotations aériennes pendant l'arrivée du chef de l'État.

«On aurait préféré que le président ne bloque pas l'évacuation», lâche Kathana Cimia, qui attend avec sa sa fille Jeanne et ses Barbies sous une ombrelle. «On est traités comme des cochons».

M. Macron devait rencontrer des sinistrés de l'ouragan et être mardi soir «au côté des forces de l'ordre en patrouille» à Saint-Martin, avant de se rendre sur l'île de Saint-Barthélemy, elle aussi sévèrement affectée. Irma a fait au moins onze morts et plusieurs disparus dans les îles françaises, ainsi que quatre dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan.

«On est resté quatre, cinq jours sans aide, à se défendre tout seuls contre des gens armés», a rapporté Fabrice, propriétaire de restaurant vivant à Saint-Martin depuis 15 ans et rapatrié en métropole lundi. «La gestion de l'État français ? Je suis vraiment désolé, mais zéro. On n'a pas du tout été soutenus».

Un délégué interministériel a été nommé pour assurer la coordination de la reconstruction. «Je bousculerai toutes les normes et toutes les procédures, pour que son travail se fasse dans les meilleurs délais», a promis M. Macron.

Comme La Haye, Paris a mis en place des ponts aériens et maritimes pour évacuer les plus vulnérables et acheminer du fret et des vivres. Environ 85 tonnes de nourriture, un million de litres d'eau et 2,2 tonnes de médicaments ont déjà été transportés.

Le roi des Pays-Bas Willem-Alexander devait se rendre, lui, sur les îles de Saba et Sint-Eustatius après avoir passé la nuit dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Accompagné du ministre néerlandais de l'Intérieur Ronald Plasterk, il a rencontré des habitants et pu observer le déploiement de l'aide humanitaire. Il a fait part de son choc.

«Depuis l'avion déjà j'ai vu des choses que je n'avais encore jamais vues auparavant. J'avais vu la guerre et d'autres catastrophes naturelles mais jamais rien de tel. Tout est dévasté», a-t-il déclaré à la chaîne publique NOS.

Également en butte aux critiques sur le manque de moyens mis en oeuvre par son gouvernement, le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson était attendu mardi dans les Caraïbes.

«Le Royaume-Uni sera avec vous sur le long terme», a assuré M. Johnson dans un message vidéo aux résidents des îles. L'ex-maire de Londres a qualifié les critiques de «complètement injustifiées», ajoutant que des efforts «sans précédent» avaient été entrepris pour venir en aide aux sinistrés.

Le gouvernement britannique a annoncé avoir débloqué 32 millions de livres d'aide d'urgence (près de 35 millions d'euros) pour les 88 000 Britanniques de la région et envoyé dix avions transportant des kits de secours, des vivres et de l'eau potable. À cela s'ajoute le déploiement d'un millier de militaires.

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