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Arrêter les auteurs de crimes haineux

Les policiers doivent «se donner les moyens»

Elisa Cloutier | Agence QMI 

AURÉLIE GIRARD/AGENCE QMI

Le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) croit que les policiers de Québec devraient en faire plus pour rapidement identifier et arrêter les auteurs des récents crimes haineux commis contre leur communauté.

«Ils sont présents, mais ce n’est pas assez, il faut qu’ils se donnent les moyens pour que la démarche soit accélérée», a mentionné Boufeldja Benabdallah, vice-président et cofondateur du CCIQ, en marge du colloque sur l’islamophobie qui se tenait jeudi et qui se poursuit vendredi, à l’Université Laval.

Pas d’arrestation

Ce dernier se désole qu’aucune arrestation n’ait encore été effectuée concernant, notamment, le Coran déchiré déposé près du lieu de culte en juillet, puis, en août, des excréments retrouvés près de la mosquée et la voiture incendiée du président du Centre, Mohammed Labidi.

«Non seulement ça n’arrête pas, mais des gens continuent, c’est comme s’ils savent que la porte est ouverte et que personne n’arrive à les attraper», mentionne M. Benabdallah, admettant être aujourd’hui «aigri» par le fait qu’il n’y ait pas encore de «résultat».

Le SPVQ assiste au colloque

Présent au colloque, notamment pour «venir chercher des éléments de compréhension» par rapport à l’islamophobie, le lieutenant Jean-François Vézina de la police de Québec soutient que le SPVQ «a ce qu’il faut» pour réaliser ce type d’enquête criminelle. «Nous sommes toujours présents avec la communauté, à différents niveaux. Nous sommes en communication régulièrement», indique-t-il, précisant que le Service de police est « préoccupé » par l’escalade de crimes haineux à Québec.

Pour le moment, indique-t-il, aucune discussion n’est toutefois en cours concernant la mise en place d’une escouade spécialisée contre les crimes haineux à Québec, comme c’est le cas notamment à Montréal.

«La société veut parler»

Devant une réponse «très positive» au colloque, alors que plus de 200 personnes se sont inscrites, l’organisateur n’hésite pas à affirmer que l’expérience sera assurément renouvelée. «La société veut parler et cet espace-là, nous ne l’avions pas», affirme Abdelwahed Mekki-Berradam, professeur d’anthropologie à l’Université Laval, qui a même invité «les gens de l’extrême droite de Québec» à participer.

Pour sa part, le lieutenant Vézina estime qu’une plus large tranche de la population devrait s’intéresser à ce type de conférence.

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