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De meilleurs soins à domicile pour aider les aînés à rester à la maison

Harold Gagné | TVA Nouvelles

D'ici 14 ans, en 2031, la demande pour les soins à domicile pour les personnes âgées va doubler. Au Canada on estime qu'au moins 2 millions de personnes auront besoin de soutien pour rester à la maison.

TVA a appris que l'Institut de gériatrie de Montréal amorce un projet qui pourrait faciliter les choix et diminuer les admissions en CHSLD.

À 95 ans, Marcel Brunet fait partie de ceux qui ne veulent pas se retrouver en CHSLD. Il fréquente un centre de jour dans un CHSLD une fois par semaine, mais veut rester chez lui le plus longtemps possible. Hebdomadairement, il reçoit de son CLSC une dizaine d'heures de soins à domicile.

«À tous les jours, une femme vient me laver. Le mercredi et le vendredi c'est un gros lavage, dit-il avec son franc-parler.»

Il a été très malade le printemps dernier. Sans son infirmière du CLSC, il se serait retrouvé en centre d'hébergement.

Comment faire pour garder le plus longtemps possible les gens âgés à la maison tout en leur offrant les bons services? La réponse se trouve peut-être à l'Institut de gériatrie de Montréal

La chercheuse, Nathalie Bier, dirige une étude visant à déceler les réels besoins des personnes âgées à la maison. Des détecteurs de mouvements seront installés dès cet automne dans une vingtaine de résidences afin de savoir ce qu'elles font réellement, si par exemple elles mangent.

«On a un détecteur sur le réfrigérateur qui nous permet de savoir si la personne a ouvert la porte», explique-t-elle.

Si elles oublient de fermer la porte, un signal se fera entendre sur une tablette électronique qui leur sera prêtée. Même chose près de la cuisinière.

«Du moment où la personne âgée ne vient pas vérifier la cuisson, on pourrait l'avertir, ajoute-t-elle. Si elle ne répond pas, nous pourrions couper à distance le circuit électrique.»

Il n'y a pas de caméra, uniquement des capteurs comme ceux d'un système d'alarme. Les milliers de données sont privées et analysées à l'Institut de gériatrie.

La participation est volontaire. Ce sont des gens âgés recommandés par le CLSC qui vivent seuls et commencent à avoir des problèmes cognitifs. Depuis janvier, cet équipement a déjà été installé chez 5 personnes. On a pu éviter qu'une dame de 91 ans se retrouve en CHSLD, car les intervenants et sa famille croyaient qu'elle ne mangeait presque jamais ce qui n'est pas le cas.

«Avec toutes les données recueillies, on a pu voir ses capacités, ses incapacités, et ses véritables besoins, souligne l'infirmière Michelle Gauthier du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal. C'est un outil d'avenir pour le soutien à domicile!»

Le gouvernement fédéral a investi près d'un million de dollars dans l'étude qui durera trois ans.

Marcel Brunet répète qu'il veut rester à la maison. Après tout il n'a que des problèmes de santé physique.

«Quand on a notre tête c'est fin, se réjouit-il, d'autant plus que sa femme de 96 ans vit en CHSLD depuis 2 ans à cause de l'Alzheimer.»

Ce projet pourrait peut-être ensuite être étendu ailleurs au Québec.

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