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L’aide à mourir pour les personnes atteintes d’Alzheimer?

Selon un sondage effectué auprès d’aidants de 12 sociétés Alzheimer au Québec, 91% sont en faveur de l'aide médicale à mourir pour les personnes atteintes d'Alzheimer.

Pour Sabrina Lacoste, qui veut elle aussi que l'aide médicale à mourir soit offerte aux personnes atteintes d'Alzheimer, il faut relancer le débat. Son père, Guy Lacoste, un ex-pompier de Montréal, est mort dans un CHSLD en mai dernier. Il avait 69 ans et était atteint d'Alzheimer depuis cinq ans, en plus d'avoir un cancer et souffrir de plaies béantes.

La jeune femme de 21 ans l'a accompagné jusqu'à la fin avec sa mère.

«Moi, j'aurais aimé qu'il ait le droit à l'aide médicale à mourir. C'est sûr, si on avait pu lui enlever au moins un ou deux ans de souffrances, j'aurais aimé ça», explique Sabrina.

Pour obtenir l'aide médicale à mourir, il faut pourtant être apte à consentir au moment d'en faire la demande. On ne peut pas non plus faire sa demande longtemps à l'avance. Il faut être en fin de vie. Certains voudraient que ça change.

«Toutes les personnes ne veulent pas vivre la maladie jusqu'au bout», explique Giva Bravo.

Cette chercheuse de l'Université de Sherbrooke a rendu public un sondage effectué auprès de 306 aidants de 12 sociétés Alzheimer au Québec.

91% sont en faveur de l'aide médicale à mourir pour les personnes atteintes d'Alzheimer pourvu qu'elles aient rempli une directive écrite avant leur maladie; 72% sont d'accord même sans directive; plus de 77% rédigeraient elles-mêmes une directive si elles le pouvaient, car dans 65% des cas, elles craignent des douleurs physiques près de la mort; et 62% des douleurs psychiques...

Pour répondre à leur demande, il faudrait modifier la loi, mais des juristes s'y opposent catégoriquement.

«Quand vient le temps d'avoir l'aide médicale à mourir alors que la personne n'est plus capable d'exprimer sa volonté, à ce moment-là, la personne qui a un déficit cognitif important n'est plus capable de changer d'idée, explique Jean-Pierre Menard, avocat spécialisé en droit médical. On ne sait pas si dans la vraie situation, elle aurait maintenu son idée ou si elle ne l’aurait pas maintenue.»

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