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Vague de chaleur historique

 - Agence QMI

Les Québécois qui ont l’impression de vivre l’été en plein mois de septembre ne rêvent pas. Toute la province traverse une période de canicule sans précédent.

Faut-il le rappeler, l’automne est officiellement arrivé vendredi? Dimanche, la température atteindra un sommet historique de 30°C à Montréal et de 27°C à Québec. Pour lundi, les prévisions font même état d’un 31°C à Montréal et d'un 28°C à Québec. Ce n’est qu’à partir de mercredi que le mercure descendra sous les 20°C.

Bien que très agréables, les 29°C (à Montréal) et 26°C (à Québec) de samedi ne se sont pas approchés des 31,1°C de 1895, le record pour un 23 septembre. Sur une période plus récente, les données recueillies à l’aéroport Jean-Lesage compilées depuis 1993 font état d’un maximum de 22,3°C en 2015. En 1995, le thermomètre s’était mis en grève et n’avait pas atteint la première barre (0,6°C). Cette année-là, deux centimètres de neige s’étaient même accumulés au sol.

Mais ce ne sont pas les chiffres qui impressionnent le plus le météorologue Gilles Brien, qui retient surtout la durée du phénomène. «À Montréal, c’est 14 jours de suite sans précipitation avec des 25°C. C’est carrément historique, du jamais vu. Pour Québec, il y a eu des petites averses, mais ça demeure exceptionnel. C’est un temps estival que nous avons habituellement en juillet et nous arrivons en octobre.»

Pour les 22 premiers jours de septembre, le maximum moyen a été de 15,6°C à Québec, soit presque 3°C de plus que la moyenne historique de 12,7°C. «Ce sont des données qui parlent beaucoup. Ça traduit vraiment à quel point il fait chaud», estime M. Brien.

Une donnée encore plus spectaculaire si on considère que le début du mois a été plus frais que la normale, comme le précise le météorologue Bruno Marquis, d’Environnement Canada.

«Un ou deux degrés, c’est déjà énorme en termes climatologiques, a ajouté M. Brien. C’est comme descendre ta maison 60 km plus au sud. Il y a une différence de 2°C entre Montréal et Québec et ça fait un changement énorme en jours de baignade, dans la longueur de la saison hivernale et ainsi de suite.»

Si, à Montréal, le mercure flirte avec les 30°C pour une période de quatre jours, trois étant nécessaire selon certains spécialistes pour parler de canicule, M. Brien aime mieux s’en tenir à la définition des 5°C au-delà des normales sans précipitation. Il n’hésite pas alors à parler de canicule pour Québec, la moyenne pour cette période étant un maximum de 15°C.

Irma a contribué

Les puissants ouragans qui ont touché le sud-est des États-Unis et les Antilles ne sont pas étrangers au beau temps qui touche la province.

«En météorologie, il y a un principe qui s’appelle l’instabilité symétrique, a précisé M. Brien. Il y a toujours du beau temps qui se renforce devant une dépression. C’est comme un matelas, si vous pesez sur un endroit, ça va lever à un autre. Les ouragans des dernières semaines ont pesé très fort. Il y a une montagne de haute pression qui s’est bâtie au Canada et, au sud des États-Unis, la pression descend. Ce n’est pas la seule raison, mais ça joue.»

«L’autre facteur qui joue, c’est le réchauffement climatique, a poursuivi M. Brien. La floraison au printemps arrive 12 jours plus tôt qu’avant et de l’autre côté l’automne se prolonge. Cette année, le printemps a été très pluvieux. Le sol était gorgé d’eau, ce qui a causé plus d’orages. Depuis août, le sol a perdu de son humidité. On a changé de régime et on est entré dans la phase d’été avec du temps chaud. On est en train de perdre nos repères avec les changements climatiques et s’ajuster. Sans ça, on va fêter Pâques en plein été!»

Chez Environnement Canada, l’épisode actuel n’avait pas été prévu. «Nos modèles faits fin août pour les trois mois suivants ne donnaient pas de signal fort», a rappelé Bruno Marquis, qui ne peut se prononcer sur la température des prochains mois.

Tout le monde tout nu!

Au centre naturiste Loisirs Air Soleil à L’Avenir, près Drummondville, le beau temps ces jours-ci a un impact majeur. «Habituellement nous n’avons pas de monde à ce temps-ci, mais aujourd’hui ça pourrait ressembler à une bonne journée d’été avec une cinquantaine de personnes», a raconté Rachel Thivierge, gestionnaire du centre.

On pourrait croire que la température met les chasseurs de gros gibiers en beau fusil, mais du moins pas dans la Réserve faunique de Portneuf. «Il faut travailler plus fort pour aller chercher les orignaux plus profondément dans le bois, mais on a des abats presque tous les jours. Les résultats sont même un peu mieux que l’an passé», a raconté Noémie au poste d’accueil.

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