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30% des gardiens de prison souffrent de stress post-traumatique

Christopher Nardi | Agence QMI 

C’est au Québec qu’il est le plus difficile de faire reconnaître un trouble de stress post-traumatique chez les agents correctionnels, dénonce leur syndicat, qui demande à Ottawa d’agir.

Alors que dans la population en général cette maladie affecte 8% de la population, le nombre bondit à 30% chez les agents correctionnels.

Ils dénoncent le fait qu’ils soient en quelque sorte des premiers répondants oubliés.

«J’ai été diagnostiqué avec un stress post-traumatique en 2015 après avoir vu trois prisonniers se suicider. Mais ça a pris plus de trois mois de représentations auprès de la CNESST avant de savoir s’ils acceptaient le fait que ça provenait de mon travail et qu’ils me payeraient les soins nécessaires. C’est juste une source d’anxiété de plus», a raconté Marc Filiatrault, un agent correctionnel québécois.

Un agent sur trois aurait déjà souffert d’un stress post-traumatique.

Mais il n’est pas toujours facile de faire reconnaître que ce traumatisme est causé par leur travail, dit le Syndicat des agents correctionnels du Canada (SACC). C’est le cas au Québec, où les employés doivent prouver à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) que leurs troubles sont en lien avec leur profession avant de recevoir un appui financier.

«Certaines provinces, comme l’Ontario et l’Alberta, ont des lois qui reconnaissent d’emblée le lien entre le stress post-traumatique et le travail d’agent correctionnel, ce qui rend beaucoup plus facile l’accès aux soins. Mais il n’y a rien de ça au Québec, qui est la province qui traîne vraiment de la patte», a lancé le président du Québec pour le SACC, Frédérick Lebeau.

Le syndicat a donc lancé mardi une campagne pour demander à Ottawa de mettre en place des mesures uniformes à travers le pays pour reconnaître le stress que vivent leurs membres et ainsi faciliter leur accès aux soins.

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