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«Ce n’est pas Uber, depuis San Francisco, qui va diriger le Québec!»

TVA Nouvelles

Uber cessera ses activités au Québec à moins d’un revirement de situation. La multinationale a lancé cet ultimatum mardi en raison des nouvelles restrictions imposées par le gouvernement Couillard.

Voyez l'extrait de l'émission «La Joute» dans la vidéo ci-dessus

Selon la compagnie de transport de personnes, c’est principalement la formation exigée à ses chauffeurs qui l’empêcherait de bien fonctionner dans la province.

Une idée à oublier, estime le commentateur politique Luc Lavoie de l’émission «La Joute». «L’affaire des 35 heures de formation pour leur montrer à mettre des vieux journaux au fond du taxi, pour qu’ils se conduisent comme nos chauffeurs de taxi se conduisaient avant l’arrivée d’Uber, on va laisser faire.»

Son collègue Bernard Drainville ne croit pas que la demande gouvernementale soit exagérée, au contraire. «Les chauffeurs de taxi à Montréal, on leur impose 120 heures. On dit à Uber, ça va être quatre fois moins, soit 35 heures, et toi, tu dis que c’est bien effrayant! Je trouve ça bien raisonnable 35 heures.»

En ajoutant deux conditions supplémentaires au projet-pilote avec Uber, l’intention du gouvernement est de faire partir la compagnie de San Francisco, estime Luc Lavoie.

«On plie devant un groupe organisé, les chauffeurs de taxi... parce qu’on n’est pas content de voir que les consommateurs ont été favorisés, poursuit le commentateur politique. Ce n’est pas une question de fusil sur la tête, c’est une question que si tu ne veux pas que je sois ici, je vais m’en aller», soulève le jouteur Lavoie.

Québec s’est montré ouvert à négocier le nombre précis d’heures de formation. Peut-être 25, au lieu de 35. Avec la possibilité de la suivre sur Internet. Le duo d’analystes est d’accord sur ce point: il ne s’agit là que d’une position de négociations.

«Maintenant, il faut faire de petits ajustements, soutient Bernard Drainville. Mais je crois qu’ils vont finir par s’entendre.»

«Si Uber décide de sacrer son camp parce qu’au lieu de 35 heures, on lui demande plutôt un compromis de 25 ou 20 heures de formation, et bien, je vais leur répondre: sacrez votre camp!» laisse-t-il tomber sèchement.

Même si les villes de Rome et Londres ont déjà dit non à Uber, Luc Lavoie pense que Montréal n’a rien à gagner à montrer la sortie à la multinationale.

«Je ne suis pas associé à Uber et je n’ai pas d’actions dans la compagnie, mais ce que je dis, c’est que les consommateurs sont toujours mieux servis quand ils ont plus qu’un choix, dit-il en rappelant qu’il tient le même discours dans le cas du monopole de la Société des alcools. Oui, il y a des chauffeurs de taxi, mais il y a toute une population autour. Quant à moi, je suis plutôt du côté de la population et des consommateurs.»

Son collègue Drainville se dit aussi du côté des consommateurs et ne souhaite pas le départ d’Uber. «Mais à nos conditions. Ce n’est pas Uber, depuis San Francisco, qui va diriger le Québec!»

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