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Les chauffeurs d'Uber veulent juste continuer à travailler

Frédéric T. Muckle | Agence QMI

Plusieurs chauffeurs Uber se disent prêts à se plier aux exigences du gouvernement et à suivre la formation de 35 heures si cela veut dire qu’ils pourront continuer à travailler à Montréal.

«S’ils nous disent qu’on doit la faire, on va la faire. C’est comme un permis de taxi», a dit Mohamed Essahbi, chauffeur avec Uber depuis plus de deux ans, à propos de la mesure citée par l’entreprise américaine comme l’une des raisons principales de son potentiel départ.

«C’est simple, si tu veux travailler tu respectes les lois, si tu ne veux pas et bien tu ne travailles pas, c’est tout», a ajouté Mamadou Bah, un autre conducteur.

Pour M. Essahbi, il est normal que le gouvernement veuille encadrer l’entreprise, même s’il ne croit pas qu’une telle formation est nécessaire.

D’autres chauffeurs souhaiteraient plutôt voir le gouvernement abandonner ou à tout le moins, repenser la mesure.

«Je ne vois pas l’utilité d’une formation théorique de 35 heures, c’est sur le terrain que tu as la meilleure formation, explique Nawfal El Fadl, chauffeur avec Uber depuis mars 2016.

Selon lui, le système de notes pour les chauffeurs fonctionne déjà très bien pour assurer un bon service aux clients.

«On est des chauffeurs autonomes, c’est notre responsabilité», a expliqué M. El Fadl en parlant de la nécessité d’offrir la meilleure expérience possible.

Le jeune homme de 27 ans a précisé qu’il n’est pas fermé à l’idée d’une formation qui pourrait se faire, par exemple, en ligne, à travers l’application ou sous une autre forme convenant mieux aux chauffeurs.

Comme la plupart de ses collègues, il admet cependant qu’il aurait fait une telle formation si on lui avait exigé à ses débuts.

Des chauffeurs anxieux

À la lumière de l’annonce d’Uber, plusieurs chauffeurs sont inquiets de ce que le futur leur réserve.

«Ça va beaucoup m’affecter, a dit Younes Fakir, conducteur Uber depuis le début du projet pilote. Je paye encore la voiture que j’ai achetée pour travailler. [Si Uber quitte Montréal,] je déménage là où Uber fonctionne encore.»

Pour certains, Uber est non seulement un bon gagne-pain, mais aussi le seul travail avec assez de flexibilité pour leur situation familiale.

«Ça me permet de voir ma famille qui habite à New York, a indiqué M. Bah. Si Uber quitte, je ne connais pas d’autre travail ici qui va me permettre de prendre congé une semaine par mois pour voir mes deux enfants.»

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