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Metro se renforce, mais reste fragile face aux géants de l’alimentation

Agence QMI

Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques, se réjouit de l’acquisition du Groupe Jean Coutu par Metro.

«Il est clair que le Groupe Jean Coutu n’arrivait pas à sortir du Québec. Ils ont essayé aux États-Unis et ç'a été un échec qui leur a coûté 1 milliard $. Il n’y a pas grand-chose à vendre dans les autres provinces canadiennes», a dit M. Nadeau, mercredi, sur le plateau de LCN.

Michel Nadeau explique comment des événements récents ont influencé la transaction.

«Ce qui alimentait de l’espoir chez Jean Coutu, ce sont les médicaments génériques. Il y avait là une petite marge de profits», a-t-il dit.

Mais le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui achète via la RAMQ 44 % des médicaments vendus au Québec, a dit «moi je veux économiser toute la marge», selon M. Nadeau.

Jean Coutu a alors répliqué «non, non, la marge c’est mon oxygène», mais en fin de compte le ministre Barrette l’a emporté.

Épicerie et pharmacie

«Allez dans un Pharmaprix, le tiers de la surface de plancher c’est de l’épicerie», a souligné Michel Nadeau.

Pharmaprix appartient à Loblaw. «Vous achetez vos fruits et légumes, puis un petit flacon de pilules en même temps, vous faites d’une pierre deux coups», a-t-il indiqué.

Au final, Michel Nadeau se félicite de cette transaction. «Avec internet, le commerce de détail va se centraliser et, dans ce sens, cette transaction a plein d’allure.»

Menace américaine et européenne

Le Québec perd un siège social, mais tous les emplois restent ici.

«Metro, c’est un fleuron québécois qui est fragile. L’entreprise n’a pas d’actionnaire de contrôle.

C'est Metro qu’il faut surveiller maintenant. Faut pas que Metro se fasse acheter par un géant américain ou européen», a prévenu Michel Nadeau.

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