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Randy Tshilumba, un cas «typique»

Le jeune homme qui a tué l’employée d’un Maxi était peut-être en délire au moment du crime, mais sa conviction d’avoir agi en «légitime défense» aurait très bien pu naître seulement après le drame, a suggéré la Couronne jeudi.

«Si Randy Tshilumba ne se sent pas en “légitime défense”, ça change le portrait [de l’évaluation psychiatrique]», a lancé Me Catherine Perreault de la poursuite, lors du contre-interrogatoire du psychiatre expert de la défense.

Avec cette hypothèse, l’accusé pourrait être tenu criminellement responsable d’avoir poignardé à 14 reprises Clémence Beaulieu-Patry, le 10 avril 2016, dans un supermarché de la rue Papineau à Montréal.

Lors de son témoignage, Tshilumba a expliqué qu’il connaissait de vue la victime de 20 ans, pour avoir fréquenté la même école secondaire. Or, plus d’un an avant le drame, il s’est convaincu via Facebook que la jeune femme et ses amies voulaient sa peau.

Délire

Incapable de vivre avec cette idée, il serait allé au Maxi pour «faire la paix». Mais une fois face à face, Clémence Beaulieu-Patry l’aurait pointé du doigt. En voyant ce geste, Tshilumba aurait cru qu’elle allait sortir une arme et commettre une tuerie. Dans sa tête, l’accusé se serait donc «défendu» en tuant la jeune femme.

Pour l’expert de la défense, Tshilumba souffrait d’un trouble délirant qui l’empêchait de distinguer le bien du mal.

«Au moment des événements, monsieur était convaincu qu’il posait une action juste», avait résumé au jury le Dr Louis Morissette.

«Fragile»

Mais en contre-interrogatoire, la Couronne lui a suggéré que Tshilumba, même s’il se sentait à tort persécuté, était conscient du meurtre et qu’il a agi par colère.

«L’hypothèse est qu’il est fragile, qu’il a posé le geste volontairement et consciemment et qu’après coup, il a développé une nouvelle idée délirante pour se protéger, a expliqué Me Perreault. Après avoir revu la preuve, il s’est convaincu involontairement qu’il a agi en “légitime défense”.»

L’expert a répliqué que selon les informations à sa disposition, Tshilumba n’a pas agi en raison de la colère. Mais la Couronne a alors souligné que la théorie de la «légitime défense» causée par le trouble délirant de l’accusé n’est basée que sur la version de celui-ci.

«Je n’ai rien d’autre que ses paroles», a admis le psychiatre, juste avant la fin de la journée d’audience.

Le contre-interrogatoire du Dr Morissette se poursuit vendredi au palais de justice de Montréal.

Tshilumba, qui a plaidé non coupable à l’accusation de meurtre au premier degré, est défendu par les avocats Philippe Larochelle et Sébastien Chartrand.

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