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Tshilumba «s’isolait», dit sa soeur

Michael Nguyen | Agence QMI

Le jeune homme qui plaidera les troubles mentaux pour avoir tué l’employée d’un Maxi avait commencé à s’isoler quelques années avant le drame, a témoigné sa sœur ce vendredi.

«Randy [Tshilumba] a toujours été sociable avec les gens, mais à un moment donné, il a commencé à s’isoler, il me parlait moins alors qu’on a toujours eu une grande complicité», a émotivement témoigné Sandra Tshilumba au procès pour meurtre de son frère.

La jeune femme a ainsi expliqué que vers 2010, soit six ans avant le décès de Clémence Beaulieu-Patry dans le Maxi de la rue Papineau où elle travaillait, Tshilumba avait commencé à changer.

«Il avait perdu intérêt pour tout, alors qu’il avait auparavant des ambitions et des projets», a-t-elle témoigné au jury.

La situation s’est dégradée et en 2015, Sandra Tshilumba a décidé d’en parler franchement avec son frère.

«On a probablement passé trois heures ensemble... et il a fini par admettre qu’il y avait des gens qui lui voulaient du mal, a expliqué la témoin. Il m’a dit que c’était des commentaires anonymes sur Facebook, mais il n’a jamais voulu me dire c’est qui. Il disait que ça pourrissait sa vie et qu’il avait pensé à se suicider.»

Délire

Ces «personnes», selon la version que l’accusé a livrée à la cour, étaient Clémence Beaulieu-Patry et ses amies. À travers des pages Facebook, Tshilumba aurait développé un trouble délirant et il croyait dur comme fer que le groupe de filles qu’il connaissait de vue voulait sa peau.

Ce serait à cause de cette maladie mentale que Tshilumba se serait présenté au Maxi où travaillait sa victime, en avril 2016. L’accusé dit qu’il voulait «faire la paix» avec Clémence Beaulieu-Patry, mais que cette dernière l’a pointé du doigt.

Dans son délire, il aurait cru que la jeune femme allait le tuer et c’est pour se défendre qu’il l’a tuée. La Couronne, de son côté, a émis l’hypothèse que Tshilumba s’est présenté au Maxi dans le but de tuer la victime. Et que c’est par la suite qu’il a inventé l’idée délirante que la jeune femme allait le tuer.

Dans ce cas, Tshilumba pourrait être tenu responsable criminellement de ses gestes.

Le procès, présidé par la juge Hélène Di Salvo, se poursuit cet après-midi, au palais de justice de Montréal.

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