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Trump à Porto Rico après l'ouragan et la polémique

Agence France-Presse

Donald Trump est arrivé à Porto Rico pour constater l'étendue des dégâts liés à l'ouragan Maria, mais aussi tenter de circonscrire la violente polémique qu'il a alimentée par ses attaques véhémentes contre certains élus locaux.

Le président américain et la Première dame Melania Trump étaient attendus sur cette île des Caraïbes de 3,4 millions d'habitants, au lendemain d'une fusillade sanglante à Las Vegas qui a ébranlé l'Amérique.

Près de deux semaines après le passage dévastateur de cet ouragan de catégorie 4, le territoire panse toujours ses plaies: une grande partie des habitants vivent toujours sans électricité, sans accès à l'eau potable ou au carburant.

À la veille de son départ, l'ancien homme d'affaires de New York a une nouvelle fois défendu bec et ongles l'action de son administration accusée d'une réaction initiale trop lente: «C'est extraordinaire ce qui a été fait en un temps aussi court», a-t-il assuré depuis le Bureau ovale.

Si la mobilisation de Donald Trump après le passage des ouragans Harvey et Irma au Texas et en Floride a été globalement plutôt bien accueillie, celle sur Porto Rico a été beaucoup moins consensuelle.

Mais au-delà des actes, et des réels défis logistiques auxquels l'administration est confrontée dans ce territoire asphyxié par la dette et aux infrastructures chancelantes, ce sont les mots et le style du président américain qui ont choqué.

Comme souvent, sa réaction à coup de salves de tweets a semblé guidée par un critère central: les bons points pour ceux qui saluent son travail, les attaques ad hominem envers ceux qui émettent des critiques.

La maire de San Juan, Carmen Yulin Cruz, exprime son désarroi face à une réponse fédérale qu'elle juge trop lente ? Le locataire de la Maison-Blanche lui répond par un tweet cinglant en l'accusant de faire preuve «d'un leadership médiocre». Dans la foulée, il s'en prend à «certains à Porto Rico» qui veulent que l'on fasse «tout pour eux».

Des déclarations qui donné lieu à de vives réactions dans la capitale fédérale américaine, jusque dans les rangs de son propre parti.

«Il dira aux habitants qu'il est à 100% avec eux, aujourd'hui et sur le long terme», a assuré lundi Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, soucieuse d'apaiser les tensions à la veille d'une visite qui s'annonce délicate.

Car même si la visite devrait être, comme tout déplacement présidentiel, soigneusement chorégraphiée, certains pourraient essayer de profiter de l'occasion pour dire haut et fort leur mécontentement.

Sur place, nombre d'habitants de cette île, située à quelque 2.500 km de Washington, ont en effet le sentiment d'avoir été traités comme des citoyens de seconde zone.

Un visite éclair dans les Îles Vierges américaines, un temps évoquée, a été abandonnée pour des raisons logistiques: une rencontre avec le gouverneur Kenneth Mapp devrait avoir lieu à San Juan.

«Nous allons rencontrer les premiers secours, les militaires, les équipes de la Fema (Agence de gestion des situations d'urgence), mais surtout, et c'est le plus important, les habitants de Porto Rico», a expliqué M. Trump.

Paradoxe de cette île au statut à part: le locataire de la Maison-Blanche ira à la rencontre d'Américains qui ne l'ont pas élu. Les habitants de cette ancienne colonie espagnole devenue un territoire associé aux États-Unis ont la citoyenneté, mais ne peuvent voter lors du scrutin présidentiel.

Les habitants de Porto Rico sont divisés entre ceux qui rejettent la tutelle des États-Unis, ceux qui défendent ce statu quo de «territoire non incorporé» et ceux qui rêvent de voir leur île devenir le 51e État des États-Unis.

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