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Trump mis à l'épreuve dans le débat sur les armes à feu aux États-Unis

Confronté avec Las Vegas à la plus fusillade la plus meurtrière de l'histoire moderne des États-Unis, Donald Trump est mis à l'épreuve par ce drame qui soulève pour la énième fois la question des ventes d'armes à feu aux États-Unis.

Selon les premiers éléments de l'enquête sur ce carnage qui a fait au moins 50 morts et a été revendiqué par le groupe État islamique, le tireur disposait de plus de dix fusils dans sa chambre d'hôtel.

Dans une brève déclaration depuis la Maison-Blanche, le président américain a dénoncé un acte qui représente «le mal absolu» et appelé l'Amérique à l'unité et la prière. Mais n'a pas dit un mot sur la question des armes à feu.

Or si l'enquête ne fait que débuter, les adversaires démocrates du président américain donnent déjà de la voix pour réclamer un débat de fond sur cette question passionnelle aux États-Unis. Face à l'émotion suscitée par cette attaque sanglante, le locataire de la Maison-Blanche pourra-t-il l'écarter d'un revers de manche?

Soutenu avec force durant la campagne par la plus grande organisation du lobby des armes à feu aux États-Unis, la National Rifle Association (NRA), Donald Trump s'est toujours posé en farouche défenseur du Deuxième amendement de la Constitution. Objet d'âpres discussions quand à son interprétation, ce dernier stipule qu'«il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes».

Quelques heures après la drame, son ancienne rivale, la démocrate Hillary Clinton, a appelé à un changement de paradigme. «Notre chagrin n'est pas suffisant. Nous pouvons et devons mettre la politique de côté, tenir tête à la NRA et travailler ensemble pour essayer que cela n'arrive plus», a-t-elle tweeté.

«Il y a toujours des tireurs avec des histoires et des motivations différentes, leur point commun tragique est d'avoir entre les mains des armes puissantes», soulignait de son côté Ben Rhodes, ex-conseiller de Barack Obama qui a tenté, en vain, de faire bouger les lignes au Congrès sur ce thème.

Massacres après massacres, les démocrates n'ont eu de cesse de tenter de renforcer la législation sur les ventes d'armes. En vain.

À ce jour, Donald Trump n'a donné aucun signe qu'il entendait changer de ligne sur ce thème qui galvanise sa base électorale.

«Vous avez un vrai ami à la Maison-Blanche (...) Vous m'avez soutenu, je vais vous soutenir», lançait-il 100 jours après son arrivée au pouvoir lors d'une rare apparition d'un président en exercice devant la NRA au grand complet.

Et durant la campagne, il était allé très loin dans son argumentaire, comme lorsqu'il avait pris en contre-exemple le régime français très restrictif de détention d'armes, affirmant que le bilan des attentats du 13 novembre à Paris n'aurait pas été aussi lourd si la loi avait été différente.

«Ces types sont entrés, boum, boum --toi là-bas, boum. Et ils sont restés là et ont tué tout le monde. Aucune arme de l'autre côté. S'il y avait eu des armes de l'autre côté (...) je vous promets qu'il n'y aurait pas eu 130 morts», avait-il affirmé.

Pour gagner l'affection des militants de la NRA, Donald Trump rappelait aussi régulièrement que deux de ses fils étaient membres de la NRA depuis des années. «Ils ont tellement de fusils et d'armes, parfois même moi ça m'inquiète un peu», aimait-il raconter en riant.

Lundi matin, le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy, Etat où a lieu de massacre dans l'école de Sandy Hook, à Newtown, dans une école en décembre 2012, a exprimé sa colère.

«C'est tout simplement exaspérant que mes collègues au Congrès aient tellement peur de l'industrie des armes qu'ils prétendent qu'il n'existe aucune réponse politique à cette épidémie». «Il est temps que le Congrès se bouge et fasse quelque chose».

Les enquêtes d'opinion montrent que la majorité des Américains est favorable à durcissement de la législation.

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