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Transports en commun: des promesses plus faciles à dire qu’à réaliser

AMÉLI PINEDA/24 HEURES/AGENCE QMI

Équipe Coderre et Projet Montréal ont fait des promesses ces derniers jours sur l’accès gratuit aux transports en commun pour lesquelles ils n’ont pas de contrôle, au final.

La décision de fixer les tarifs des transports en commun ne relève plus de Montréal, mais bien de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) depuis le 1er juin, qui regroupe les 82 municipalités de la région de Montréal.

Lundi, le maire actuel Denis Coderre s’est engagé dans sa plate-forme électorale à «offrir un accès gratuit au métro et aux autobus de la STM les fins de semaine de quatre grands événements au cours de l’année».

La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, a quant à elle promis mardi d’offrir un rabais de 40 % aux personnes à faible revenu, en plus d’offrir le transport en commun gratuit aux moins de 12 ans et aux 65 ans et plus.Négociations«La Ville de Montréal ne peut plus décider d’imposer ses propres tarifs, a expliqué Florence Paulhiac, professeure spécialisée en urbanisme et transports à l’UQAM. Elle va pouvoir demander ou proposer à l’ARTM, mais c’est l’ARTM qui va disposer de la décision.»

Montréal n’est donc pas le seul joueur dans le dossier, bien que le maire de Montréal soit l’un des membres du conseil d’administration de l’ARTM.

L’ARTM n’a pas voulu commenter directement ces promesses, mais indique que plusieurs éléments sont à considérer avant d’accorder une gratuité ou une modification de tarifs.

Les candidats à la mairie étaient très fermes sur leurs promesses en conférence de presse, mais lorsque questionnés sur la responsabilité de l’ARTM, ils se sont alors montrés plus prudents.

Valérie Plante a promis avec vigueur l’arrivée du tarif pour les moins nantis, mais lorsque questionnée sur la responsabilité de l’ARTM elle a finalement plutôt promis de «négocier avec l’ARTM». «Je serai à la table de négociation et j’y travaillerai jour et nuit», a soutenu Mme Plante.

Denis Coderre a lui aussi affirmé sans retenue que les quatre fins de semaine gratuites étaient faisables, en conférence de presse. Questionnée davantage sur les pouvoirs de l’ARTM, l’attachée de presse du maire a plutôt précisé mardi que le parti veut suggérer à l’ARTM que des experts se penchent sur la question.

Impact financier

De telles mesures pourraient toutefois avoir un impact sur les autres municipalités chapeautées par l’ARTM. «Il y aurait quand même un manque à gagner dans l’affaire, donc il faudra négocier», a ajouté Mme Paulhiac.

La gratuité du métro et des autobus pendant la fin de semaine du 29 et 30 juillet avait coûté 1million $ à la Société de transport de Montréal. La Ville de Montréal pourrait offrir à l’ARTM de compenser elle-même ces pertes.

Denis Coderre compte sur l’augmentation de l’achalandage pour subventionner sa promesse. Valérie Plante, quant à elle, compte sur des subventions du gouvernement.

Interrogés sur ce dossier, le maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, et la mairesse de Beloeil, Diane Lavoie, ont dit espérer que la facture ne leur sera pas refilée.

-Avec la collaboration de Zacharie Goudreault, 24 Heures

 

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